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"La BCE pleinement déterminée à faire tout ce qui sera nécessaire"

La BCE, dont le conseil des gouverneurs se réunissait ce jeudi, a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés. ©Frank Rumpenhorst/dpa

La Banque centrale européenne a laissé ses taux directeurs inchangés. Elle a également annoncé qu'elle allait augmenter la taille de son plan d'urgence et mieux rémunérer les banques qui lui empruntent des liquidités.

Comme on s'y attendait, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu inchangés ses principaux taux directeurs. Son taux de dépôt reste donc à -0,5%. La BCE s'est dite "prête" à renforcer les rachats massifs de dettes (PEPP) décidés en mars d'un montant de 750 milliards d'euros pour atténuer l'impact économique de la pandémie de coronavirus. La Banque qui considère que le PEPP est actuellement son meilleur outil pour faire face à la crise, poursuivra ses achats aussi longtemps que la crise durera, et au moins juqu'à la fin de cette année. Voire au-delà.

Une nouvelle série d'opérations de refinancement à plus long terme en cas de pandémie d'urgence non ciblées (PELTRO) sera menée pour soutenir les conditions de liquidité dans le système financier de la zone euro et contribuer à préserver le bon fonctionnement des marchés monétaires en fournissant un filet de sécurité efficace.

Après une salve de décisions prises en quelques semaines face à cette double crise sanitaire et économique, l'institution monétaire a encore assoupli ses opérations de financement destinées aux banques, à des conditions exceptionnellement favorables pour stimuler la distribution de crédits.

Dans le communiqué qu'elle a publié vers 13h45, à l'issue de la réunion des gouverneurs, la BCE a dit également qu'elle allait rémunérer encore mieux les banques qui lui empruntent des liquiditésElle rémunérera désormais à un taux de 0,5% les banques qui participent à ses opérations de refinancement à long terme (TLTRO), et même à 1% pour les liquidités consacrées à des prêts aux entreprises et aux ménages.

Pas de recours aux "OMT"

Lors de la conférence de presse qui a suivi la publication du communiqué de la BCE, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a déclaré que "l'institution monétaire est déterminée à faire tout ce qui sera nécessaire dans le cadre de son mandat pour soutenir tous les citoyens de la zone euro dans cette période extrêmement difficile."

La situation actuelle ne correspond pas à celle dans laquelle les "OMT" ont été conçues"
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

Concernant le recours aux "opérations monétaires sur titres" (OMT) que certains économistes avaient préconisés et qui auraient permis d'acheter sans limite des obligations émises par l'Etat italien, elle a précisé que "la situation actuelle ne correspond pas à celle dans laquelle les "OMT" ont été conçues". A propos d'éventuels achats d'obligations dégradées (junk bonds), elle a précisé que le Conseil "n'a pas débattu d'une modification du cadre d'éligibilité à l'APP (le programme d'achats d'actifs) à ce stade".

Christine Lagarde a encore fait part de l'appel du Conseil des gouverneurs adressé aux responsables politiques de la zone euro à "réaliser des efforts supplémentaires pour préparer et soutenir la reprise. De ce point de vue, nous saluons l'accord conclu par le Conseil européen pour travailler à la création d'un fond de reprise appelé à répondre à cette crise sans précédent".

PIB et inflation en repli

le PIB pourrait se contracter entre 5 et 12% pour l'ensemble de 2020
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

Ces décisions interviennent alors que l'on a appris ce matin que le produit intérieur brut (PIB) avait chuté de 3,8% dans la zone euro au premier trilmestre. ll s'agirait, si cette statistique préliminaire devait être confirmée, du recul le plus important "depuis le début des séries temporelles en 1995", souligne l'Office statistique de l'Union européenne Eurostat. Lors de la conférence de presse, Christine Lagarde a déclaré que "le PIB pourrait se contracter entre 5 et 12% pour l'ensemble de 2020".

Selon Eurostat encore, l'inflation dans la zone euro a une nouvelle fois ralenti en avril à 0,4% sur un an, en raison principalement de la chute des cours du pétroleElle avait été de +0,7% le mois précédent.

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