La BCE prend acte de la reprise mais s’inquiète des risques

Crise sanitaire oblige, Christine Lagarde a tenu sa conférence de presse par vidéo. ©AFP

La politique monétaire de la zone euro reste inchangée. Christine Lagarde est restée prudente, tout en espérant un accord ambitieux entre dirigeants européens.

La Banque centrale européenne (BCE) a réussi son épreuve d’équilibrisme. Après avoir maintenu sa politique monétaire inchangée, elle a, dans son analyse de la situation économique de la zone euro, acté la récente reprise de l’activité tout en mettant en garde contre les effets des pertes d’emploi sur la consommation. De la sorte, l’institut monétaire est parvenu à rassurer les investisseurs au sujet de la santé de l’économie mais sans faire craindre une future réduction de ses exceptionnelles mesures de soutien.

"La reprise reste à un stade précoce et est inégale selon les secteurs et les pays."
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

Preuve de la parfaite neutralité que la BCE est arrivée à afficher: les marchés sont restés d’une stabilité remarquable, que ce soit lors de l’annonce de la décision de l’institution gardienne de l’euro, durant le discours que sa présidente, Christine Lagarde, a prononcé peu après, ou pendant la séance de questions et réponses avec la presse qui a suivi. En substance, rien, absolument rien de nouveau sous le soleil.

Incertitude

Même les rares développements sur les perspectives économiques sont d’une extrême prudence: oui, un rebond de l’activité est attendu au troisième trimestre, mais non, impossible d’anticiper ni son ampleur, ni sa vitesse. "La reprise reste à un stade précoce et est inégale selon les secteurs et les pays", a souligné Christine Lagarde. Ce qui explique "l’incertitude exceptionnellement élevée" pour les perspectives économiques. "Incertitude" est un terme qui revient à cinq reprises dans le communiqué du conseil des gouverneurs, l’organe décisionnel de la BCE. Ce dernier a donc répété qu’il se tenait "prêt à ajuster tous ses instruments" pour atteindre les objectifs d’inflation de la zone euro.

Interrogée sur les propos de certains banquiers centraux européens qui avaient laissé entendre que la BCE ne devrait finalement peut-être pas utiliser complètement les 1.350 milliards d’euros de son programme d’achats d’actifs, Christine Lagarde a répondu qu’à moins d’une surprise positive significative concernant la reprise, le scénario de base restait d’utiliser toute l’enveloppe financière prévue.

Concernant l’attente d’une décision des dirigeants des différents Etats européens sur le plan de relance de la Commission, la présidente de la BCE a dit espérer un accord ambitieux et a souligné que la plupart des dirigeants étaient "bien au courant de l’importance de ne pas perdre de temps" à ce sujet.

Enfin, au sujet de la revue de la stratégie de la BCE, Christine Lagarde a indiqué que la gestion de la crise rendait incertain l’aboutissement de ce processus pour la fin du premier semestre 2021.

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