analyse

La BCE provoque une baisse des taux obligataires

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a rappelé l'intention de préserver les conditions financières en zone euro. ©BELGAIMAGE

La banque centrale européenne a provoqué une baisse des taux obligataires en indiquant vouloir augmenter le rythme de ses rachats d'actifs durant le prochain trimestre.

La Banque centrale européenne (BCE) a tenté de calmer le jeu sur les marchés ce jeudi en apportant comme attendu une certaine réponse à la remontée des taux obligataires de la zone euro. L'institution a indiqué qu'elle allait augmenter le rythme de ses rachats d'actifs dans le cadre du PEPP, son programme anti-crise, durant le trimestre suivant.

"Un consensus du conseil de gouvernance de la BCE a décidé d'augmenter le rythme des rachats d'actifs au prochain trimestre par rapport aux premiers mois de l'année. Nous avons choisi une période d'un trimestre pour évaluer comment les conditions financières ont évolué" a indiqué Christine Lagarde, la présidente de l'institution durant la conférence de presse qui a suivi la réunion de politique monétaire.

"Ces annonces suggèrent que la BCE s'efforce de démontrer sa détermination à plafonner les rendements obligataires sans pour autant montrer des signes de panique."
Carsten Brzeski
Économiste chez ING

La BCE n'a pas touché à la durée du PEPP ni au montant total de l'enveloppe, qui s'élève à 1.850 milliards d'euros. Elle a laissé à mars 2022 l'échéance de son programme anti-crise, alors que la majorité des économistes interrogés par Bloomberg s'attendaient à ce que l'institution prolonge celui-ci de quelques mois supplémentaires.

Pourtant, les marchés financiers ont réagi après le communiqué de la BCE. Les taux longs européens sont repartis en baisse et ont conservé leur tendance pendant le discours de Christine Lagarde. Le taux allemand à dix ans a baissé à - 0,33% et le taux belge de même échéance a reculé à -0,035%.

Sur le marché des changes, l'euro s'est apprécié de 0,34% à 1,197 USD face au dollar.

Sur les marchés d'actions, le compartiment des banques européennes a souffert de la baisse des taux obligataires. Il a perdu 1,62%, en bas du Stoxx 600.

"Ces annonces suggèrent que la BCE s'efforce de démontrer sa détermination à plafonner les rendements obligataires sans pour autant montrer des signes de panique" indique Carsten Brzeski, économiste chez ING.  "En annonçant que les achats du PEPP au cours du prochain trimestre seraient effectués à un rythme nettement plus élevé qu'au cours des premiers mois de l'année, Christine Lagarde a clairement indiqué que la BCE reste fermement engagée à préserver des conditions de financement favorables dans la zone euro", analyse Wolfgang Bauer, gérant obligataire chez M&G. 

1.000
Milliards d'euros
L'enveloppe du PEPP, le programme anti-crise de la BCE, dispose encore de munitions.

Christine Lagarde a précisé que l'enveloppe du PEPP dispose encore de 1.000 milliards d'euros de munitions. "Nous l'utiliserons pour préserver les conditions financières, mais nous ferons preuve de flexibilité et nous n'emploierons pas toute l'enveloppe si cela n'est pas nécessaire" a-t-elle indiqué. Mais elle a aussi affirmé que la BCE ne veut pas imposer un contrôle de la courbe des taux.

Une inflation à court terme

La BCE a révisé à la hausse ses objectifs d'inflation pour cette année et 2022. Alors qu'en décembre, elle s'attendait à une inflation à 1% pour 2021 et à 1,1% pour 2022.

Nous n'excluons pas que l'inflation touche 2% cette année dans la zone euro en raison de raisons techniques et passagères.
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

Elle prévoit un chiffre de 1,5% pour 2021 et 1,2% pour l'année suivante. "Nous n'excluons pas que l'inflation touche 2% cette année dans la zone euro en raison de raisons techniques et passagères" a indiqué Christine Lagarde. "Mais l'inflation devrait rester contenue à moyen terme, en raison d'une demande et d'une économie toujours faibles, des pressions sur les salaires à la baisse et de l'impact de l'appréciation de l'euro sur les exportations" a-t-elle ajouté.

Elle a aussi précisé que le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro devrait se contracter au premier trimestre, en raison de la pandémie de Covid-19 qui continue de sévir, avec les nouveaux variants de la maladie, et qui pousse à de nouveaux plans de confinement.

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