analyse

La BCE réduira ses rachats d'obligations de moitié dès le mois d'octobre

©EPA

Les taux directeurs de la BCE restent inchangés. Mais les programmes de rachats seront réduits de 50% dès octobre. Et probablement achevés fin décembre. Les objectifs d’inflation sont maintenus, mais ceux pour la croissance légèrement abaissés pour 2018 et 2019.

Comme attendu, la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas modifié sa politique des taux à l’issue de sa réunion de jeudi. Elle a laissé sa politique monétaire inchangée. Le taux de refinancement reste donc à zéro, le taux de la facilité de dépôt à -0,4% et celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%.

Sur un point traité dans le communiqué publié à l’issue de la réunion du mois de juillet et qui avait suscité quelque imbroglio sur les marchés, l’institution monétaire répète prévoir que ses taux d’intérêt resteront à leurs niveaux actuels "au moins jusqu’à l’été 2019, répète-t-elle, "et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire". Par cette dernière formule, la BCE se donne comme à l’accoutumée de la marge au cas où ses objectifs seraient difficiles à atteindre. En particulier celui portant sur l’inflation.

Pour l’heure, elle se montre plutôt confiante sur ce point. "L’incertitude entourant les perspectives d’inflation reflue", a affirmé Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne au cours de la conférence de presse qui a suivi la publication du communiqué de la BCE. "La solidité sous-jacente de l’économie continue de conforter notre confiance voulant que la convergence durable de l’inflation vers notre objectif se poursuivra et sera maintenue même après le ralentissement graduel de nos achats nets d’actifs."

De 30 à 15 milliards

À propos des rachats d’obligations sur les marchés, principal volet du programme d’assouplissement quantitatif (QE) à l’œuvre depuis 2015, ils seront ramenés de 30 milliards d’euros à 15 milliards en octobre, indique la BCE. Elle officialise ainsi un calendrier qui n’était auparavant que prévisionnel.

"La source majeure d’inquiétude vient du protectionnisme croissant."
Mario Draghi
Président de la BCE

Ces achats devraient cesser totalement après décembre, est-il précisé dans le communiqué. Sur ce calendrier, la BCE n’a encore pris aucune décision formelle. Au moment de sa rencontre avec les journalistes, Mario Draghi a ajouté qu’"une stimulation significative par la politique monétaire reste nécessaire pour conforter l’accumulation des pressions sur les prix domestiques et l’évolution de l’inflation publiée à moyen terme". La BCE prévoit toujours de rejoindre son objectif d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2%.

Prévision de croissance abaissée

La BCE continue à juger "globalement équilibrés" les risques pesant sur la conjoncture en zone euro, une marque de sérénité malgré la montée des incertitudes économiques, a encore déclaré Mario Draghi. Elle a certes abaissé sa prévision de croissance en zone euro pour 2018 et 2019, à 2% puis 1,8% contre respectivement 2,1% et 1,9% lors de ses dernières projections de juin, mais continue à tabler sur 1,7% de hausse du PIB en 2020.

Selon Draghi, "la source majeure d’inquiétude vient du protectionnisme croissant", alimenté depuis des mois par la guerre commerciale entre Washington et ses partenaires.

Ce climat pèse d’ores et déjà sur la conjoncture, puisque c’est "la contribution plus faible de la demande extérieure qui a poussé la BCE à abaisser ses pronostics de croissance", a détaillé Draghi.

Enfin, Mario Draghi a exhorté les pays très endettés à respecter les règles budgétaires européennes, une allusion transparente aux craintes de dérapage de la dette italienne, déjà abyssale, sous l’impulsion de son nouveau gouvernement populiste.

BoE immobile

À Londres, la Banque d’Angleterre (BoE) s’est également penchée sur sa politique des taux d’intérêt. À l’unanimité, ses membres ont choisi de ne pas modifier le taux d’intervention qui est resté fixé à 0,75%.

Rappelons que le taux directeur a déjà été relevé à deux reprises cette année. Les économistes s’accordent pour penser que la BoE ne le modifiera plus avant que la Grande-Bretagne ne soit sortie de l’Union européenne.

Enfin, la BoE a réitéré les craintes de plus en plus prononcées des marchés financiers face à l’échéance du Brexit. Les équipes régionales de la BoE ont remarqué que les entreprises renforçaient le contrôle de leurs coûts et s’abstenaient d’investir avant que la Grande-Bretagne ne sorte de l’UE, en mars 2019. Les exportateurs évaluent à 40% la probabilité que le Brexit affecte leurs ventes.

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