La BCE s'inquiète de l'impact des taux bas sur la rentabilité des banques

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Lors de la réunion qui s'est tenue en mars dernier, plusieurs membres du Conseil de la BCE ont exprimé leur inquiétude sur l'impact d'une prolongation des taux bas sur la rentabilité des banques, apprend-on à la lecture des 'minutes' de la banque centrale européenne.

A l'issue de sa réunion de mars, la BCE a repoussé à l'an prochain la perspective d'un premier relèvement de taux. On évoque à présent l'année 2020 au lieu de l'été 2019. Une décision qui tranche avec les précédents discours tenus par l'institution monétaire. Ce choix, la BCE l'a justifié par les craintes d'un ralentissement durable de la croissance économique et de l'inflation en zone euro.

Du coup, la BCE a ressorti du placard son arsenal pour venir en soutien aux établissements bancaires. Elle a ainsi annoncé son intention de lancer de nouvelles opérations de refinancement à plus long terme. Le but étant d'assurer des financements abordables aux banques. "Des préoccupations ont été exprimées sur le fait qu'au fil du temps, les effets de taux bas prolongés pourraient peser sur les marges d'intérêt et la rentabilité des banques, avec des effets négatifs sur l'intermédiation bancaire et la stabilité financière à plus long terme", explique le document relatant les coulisses de la réunion de mars. 

7,5 milliards €
La facture des taux bas pour les banques
Depuis trois ans, le principal taux de refinancement des banques est calé à zéro et celui taxant les liquidités excédentaires des banques, donc non distribuées dans l'économie, à -0,40%, entraînant pour le secteur une facture d'environ 7,5 milliards d'euros par an.

Au rayon inflation, les membres du Conseil des gouverneurs ont aussi reconnu que la remontée de cet indicateur vers l'objectif d'un peu moins de 2% en rythme annuel prendrait plus de temps que prévu. "La faiblesse de la croissance a été considérée comme plus durable que prévu auparavant", précise le compte rendu, ajoutant que "les prévisions impliquent un ajustement plus lent de l'inflation à l'objectif de stabilité des prix de la BCE".  

Enfin, sur le calendrier d'une éventuelle hausse des taux, certains membres de la BCE ont plaidé pour premier relèvement à mars 2020, d'autres ont mis en garde la banque centrale contre le risque d'engager l'institution basée à Francfort pour une durée trop longue.

La prochaine réunion de la BCE aura lieu le 10 avril. 

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