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La Bourse de Milan retrouve un semblant de calme

La Bourse de Milan a perdu 16% depuis l’arrivée au pouvoir des partis populistes en mai dernier. ©AFP

La hausse des rendements obligataires pèse encore sur les marchés. En Europe, l'Italie était au centre de l'attention des investisseurs, mais la Bourse de Milan a limité ses pertes en regard à celles subies par Paris et Francfort.

Octobre démarre péniblement sur les marchés financiers. Wall Street tente bien de résister aux prises de bénéfice alors que la fin de semaine a été très rude pour les indices new-yorkais.

En Europe par contre, le rouge a franchement dominé. La faute à l’Italie qui concocte un budget trop dispendieux? Mais pourquoi dès lors l’indice MIB de la Bourse de Milan n’a cédé que 1,7% sur la semaine? A Paris et à Francfort, les principaux indices ont cédé 2,5% et plus.

"On ne s’attend pas dans un proche avenir à ce que le gouvernement italien rencontrera des difficultés pour rembourser ses obligations ni à une sortie du pays de la zone euro".
Les gestionnaires d’actifs de DWS
(ex-Deutsche Asset Management)

Il est vrai que la Bourse de Milan a été particulièrement soumise à rude épreuve depuis l’arrivée au pouvoir des partis populistes en mai. Elle accuse à ce jour une chute de 16% sur cette période. Une chute que rien ne permet de dire qu’elle soit arrivée à son terme. La poursuite de la hausse du rendement à 10 ans de la dette italienne incite à le penser. Ce rendement a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis mars 2014, à 3,40%. Soit un écart de 285 points de base (2,85%) avec le rendement du bund allemand de même échéance (0,55%).

©MEDIAFIN

Cela démontre à suffisance que les investisseurs restent inquiets sur la situation financière de l’Italie. Même si les gestionnaires d’actifs de DWS (ex-Deutsche Asset Management) "ne s’attendent pas dans un proche avenir à ce que le gouvernement italien rencontrera des difficultés pour rembourser ses obligations ni à une sortie du pays de la zone euro". Mais à l’instar de nombreux stratèges, ils prévoient que les tensions se maintiendront un certain temps encore.

Quant à la sous-performance des indices CAC 40 et DAX 30 ces derniers jours, elle fait suite pour une bonne part à la perspective d’un ralentissement des économies dans la zone euro. Cela s’est traduit sur les marchés boursiers par d’importants dégagements observés dans les secteurs des constructeurs automobiles, des biens de consommation de luxe, de l’immobilier commercial ainsi que de la distribution. Mais encore dans celui des compagnies aériennes dont certaines viennent de revoir à la baisse leurs résultats futurs.

L’Opep sollicitée

Le secteur des valeurs pétrolières qui avait procuré du soutien il y a huit jours, s’est fait cette fois très discret. Le marché anticipe-t-il un repli du prix du baril de Brent qui est revenu en fin de semaine à 84,4 USD après 86,7 USD mardi?

Certains l’imaginent après la demande insistante du président américain auprès de l’Opep pour que ses 15 pays membres pompent davantage de brut. Et cela afin de compenser l’embargo sur les exportations italiennes qui entrera en vigueur dans un mois. Mais ces pays producteurs sont actuellement tout proche du maximum de leur capacité disponible.

L’Arabie saoudite, le plus gros producteur de l’Opep (34%) à qui il reste un peu de marge pour produire davantage, extrait actuellement 10,7 millions de barils par jour (mb/j). Sa capacité de production est de 11,5 mb/j. Autre grand producteur au monde, la Russie qui n’est pas membre de l’Opep peut encore faire un effort pour produire 200 à 300.000 b/j supplémentaires. Cela reste toutefois insuffisant pour compenser la production de 3,8 mb/j de l’Iran…

Inflation contre récession

Les raisons pour lesquelles Donald Trump ne tient pas à ce que les prix pétroliers montent de trop sont multiples. Parmi elles, on l’imagine, il y a la crainte d’assister à une envolée de l’inflation qui contraindrait la Banque centrale US (Fed) à accélérer la hausse de ses taux d’intérêt. Un scénario qui risque de faire basculer l’économie américaine qui pète la forme en ce moment dans la récession.

Pour l’heure, il faut bien reconnaître que ce n’est pas vraiment ce scénario que privilégient les investisseurs sur le marché obligataire. L’écart entre le rendement des bons du Trésor à 2 ans et celui à 10 ans s’est écarté. Celui à 10 ans (+ 0,17% à 3,21%) a davantage progressé que celui à 2 ans (+ 0,06% à 2,88%). Il met ainsi à mal l’idée selon laquelle, les taux courts étant sur le point de passer au-dessus des taux longs, une récession toute prochaine est à craindre. La hausse du dollar rassure aussi dans la mesure où elle conforte ce sentiment. L’euro a cédé 0,9% à 1,15 USD.

Enfin, signalons encore que l’accord commercial paraphé il y a huit jours entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada n’a pas donné lieu à une vague d’euphorie à la Bourse de Toronto. L’indice TSX enregistre un bilan hebdomadaire négatif de 0,8%.

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