La brusque hausse des taux effraie les marchés

Les investisseurs se sont inquiétés face à la hausse des taux obligataires. ©AFP

La hausse des taux obligataires a pesé sur les marchés d'actions. Les valeurs technologiques ont souffert. L'espoir de déconfinement a porté le secteur aérien.

La remontée des taux obligataires a pesé lourdement sur les marchés d'actions cette semaine. Le secteur technologique a été particulièrement touché par cette hausse, marquée par un taux américain à dix ans au plus haut depuis la crise du Covid-19. Celui-ci a touché 1,6% et dépasse désormais le rendement des dividendes des sociétés du S&P500. Le Nasdaq a perdu cette semaine 5% et a connu sa pire progression hebdomadaire depuis le mois de mars 2020. Les investisseurs ont choisi de vendre les titres avec les valorisations les plus élevées, à l'image de Tesla. Toutefois, une exception notable a été observée avec l'action GameStop, qui a connu une nouvelle poussée de fièvre.

"Ce n’est pas le niveau absolu des taux obligataires, mais le rythme rapide de l’augmentation qui inquiète les investisseurs à risque."
Ipek Ozkardeskaya
Analyste chez Swissquote

Les analystes soulignent que la brusque remontée des taux obligataires, aussi bien aux États-Unis qu'en Europe, où le taux allemand à dix ans est passé à -0,258% et le taux français à dix ans s'est rapproché de zéro, a particulièrement effrayé les investisseurs. "Ce n’est pas le niveau absolu des taux obligataires, mais le rythme rapide de l’augmentation qui inquiète les investisseurs à risque", a constaté Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote. "Nous savons que la flambée des rendements obligataires n'est pas bonne pour l'économie", a-t-il ajouté.

Un déconfinement qui soulage

En Europe, le Stoxx 600 a encaissé un recul de 2,48% en variation hebdomadaire, lesté par le recul des valeurs technologiques. Toutefois, des secteurs européens s'en sont très bien sortis cette semaine. Le secteur bancaire (+0,55%) et celui des assurances (+0,78%) ont progressé grâce à la remontée des taux obligataires.

Le compartiment des voyages et du tourisme a rebondi de 2,33% grâce au bond des compagnies aériennes et des voyagistes. TUI a ainsi signé la plus forte progression hebdomadaire du Stoxx 600, avec un bond de 20,96%. Il a profité de l'annonce d'un déconfinement progressif au Royaume-Uni d'ici quatre mois. Le gouvernement de Boris Johnson a laissé entendre que les vols internationaux pourraient reprendre dès le 17 mai. Les compagnies aériennes en aussi bénéficié. IAG a pris 15,99% et Lufthansa 11,28%. Dufry, qui gère des boutiques hors taxes dans les aéroports, a aussi gagné 17,19% dans la foulée. En revanche, les valeurs qui ont été plébiscitées pendant les périodes de confinement ont reculé, à l'image des sites de livraisons de repas HelloFresh (-11,02%) et Delivery Hero (-13,31%), mais aussi Zalando (-12,43%).

Quatrième mois de hausse pour le pétrole

Le secteur de l'énergie (+1,66%) a lui profité de la progression des prix du pétrole. Le baril de Brent, et son équivalent américain, le WTI, ont pris plus de 5% cette semaine. Les deux contrats de référence ont touché jeudi des niveaux plus vus depuis le 8 janvier 2020. "Ils ont clôturé le mois de février en hausse pour le quatrième mois consécutif", a noté Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank. Depuis le début du mois de novembre et les premières annonces des vaccins contre le Covid-19, le Brent et le WTI ont gagné plus de 25 dollars chacun, soit une hausse de près de 80%.

"L'évolution future des prix sur le marché pétrolier dépendra non seulement de l'évolution de la demande, mais aussi, dans une large mesure, des décisions que prendront l'Opep et ses alliés."
Eugen Weinberg
analyste chez Commerzbank

"L'évolution future des prix sur le marché pétrolier dépendra non seulement de l'évolution de la demande, mais aussi, dans une large mesure, des décisions que prendront l'Opep et ses alliés", a indiqué Eugen Weinberg. Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés de l'Opep+ doivent se retrouver pour un cycle de réunions la semaine prochaine, les 3 et 4 mars.

L'or délaissé

Les cours de l'or se sont encore repliés cette semaine. L'once d'or a perdu 3,49% à 1.722,04 USD d'un vendredi à l'autre, touchant son plus bas niveau depuis juin 2020. "Le principal facteur qui pèse sur l'or est la flambée des rendements obligataires, qui rend le métal jaune moins attractif, car il ne paie aucun intérêt", pointe Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank. "L'or est tombé en disgrâce auprès des investisseurs, un signe clair que vous pouvez voir dans les sorties continues des fonds négociés en bourse (ETF) sur l'or", ajoute-t-il.

Le bitcoin, considéré par certains comme de l'or numérique, a lui aussi battu en retraite cette semaine, avec un recul de plus de 11%. Il a aussi pâti de la désertion des investisseurs dans les actifs à risque. Il est retombé aux alentours de 47.000 dollars.

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