La Chine lance son Nasdaq

©BELGAIMAGE

La Chine a lancé officiellement son marché pour les valeurs technologiques, calqué sur le modèle du Nasdaq. 120 entreprises sont candidates pour être cotées sur ce nouveau marché.

La Chine a officiellement lancé son marché pour les valeurs technologiques, auquel il entend offrir une alternative pour les entreprises chinoises les plus prometteuses.

L'instance de régulation des marchés financiers chinoises a toutefois prévenu que ce STAR Market, très attendu, ferait face à de nombreux défis pour ses débuts.

Yi Huiman, le président de la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières (CSRC) a aussi dévoilé des projets de mesures de réforme des marchés financiers à l'occasion d'une conférence financière à Shanghai.

Annoncé en novembre par le président chinois, Xi Jinping, le nouveau marché alternatif pour les valeurs technologiques est un élément de la stratégie d'auto-suffisance de Pékin dans les technologies clés comme les microprocesseurs, les technologies de l'information ou les biotechnologies. D'ores et déjà, 120 entreprises se sont mises sur les rangs pour être cotées sur ce nouveau marché.

Illustrant les ambitions de Pékin pour ce STAR Market, le vice-Premier ministre Liu He était présent aux côtés de Yi pour la cérémonie de lancement.

Doté d'un système d'enregistrement des introductions calqué sur le modèle de la Bourse américaine Nasdaq, le STAR Market sera le premier marché alternatif de Chine continentale autorisant la cotation d'entreprises ne dégageant pas encore de profits. Il s'affranchira aussi des règles pesantes imposées par les régulateurs sur le calendrier et les prix d'introduction, ce qui fait dire à certains banquiers et investisseurs qu'il constitue peut-être la réforme des marchés financiers la plus audacieuse à ce jour.

Valorisations élevées en vue

La mise en place de ce marché alternatif "est une exploration totalement nouvelle qui pourrait donner lieu à différents défis et difficultés", a dit Yi.

Le STAR Market devra par exemple essayer de compenser la flexibilité de ses règles d'introduction par la qualité des entreprises introduites tandis que l'absence de recommandations des autorités sur les prix d'introduction pourrait se traduire par des valorisations élevées, a-t-il prévenu.

De plus, la demande sera supérieure à l'offre au début et "on ne peut pas exclure la possibilité d'une spéculation à court terme et de volatilités élevées", a-t-il poursuivi appelant les investisseurs à garder leur sang-froid et à être attentif aux informations communiquées à l'occasion de l'introduction.

"On ne peut pas exclure la possibilité d'une spéculation à court terme et de volatilités élevées."
Yi Huiman
président de la CSRC

Yi a aussi dit que la CSRC allait prochainement mettre en oeuvre une série de mesures pour ouvrir plus largement les marchés financiers chinois. Pékin va ainsi encourager une plus forte présence des investisseurs étrangers sur le marché obligataire chinois et faciliter l'émission d'obligations "panda", c'est à dire libellées en yuan, par des émetteurs non-résidents.Le Portugal est devenu il y a deux semaines le premier Etat de zone euro à émettre un "panda bond".  Il a levé 2 milliards de yuans (un peu plus de 250 millions d'euros). Ailleurs en Europe, la Pologne en 2016 et la Hongrie en 2017 avaient ouvert la voie.

La Chine prévoit aussi de permettre aux entités locales de sociétés de gestion étrangères d'acheter des actions cotées à Hong Kong via le dispositif transfrontalier Connect. Les règles sur la fourniture de services de conservations de titres par des banques étrangères en Chine seront en outre assouplies.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés