La Chine sème le trouble sur les marchés obligataires... juste une rumeur?

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Comment évolueront dans les semaines à venir les marchés d’obligations? Bill Gross affirme qu'aux Etats-Unis le "marché haussier" des obligations est arrivé à son terme.

Encore à un peu plus de 2% début septembre; 2,58% aujourd'hui. La hausse de plus de 20% de ce rendement du bon du Trésor américain à 10 ans a atteint son plus haut point en 7 mois. Il est aussi ce qui permet de qualifier le marché de la dette américaine de "marché baissier". Ce n’est rien d’autre qu’a dit Bill Gross, gestionnaire obligataire chez Janus Henderson Group, ajoutant que cette fois, c’en est fini avec le "marché haussier" pour les obligations en vigueur depuis trois décennies.

Rien ne dit toutefois que la direction du marché des obligations sera désormais inéluctablement orientée à la baisse. La perspective d’assister à de nouvelles hausses du taux directeur de la Banque centrale américaine cette année, la hausse des prix du pétrole et la bonne santé de l’économie américaine sont les principaux facteurs qui justifient la remontée des taux obligataires. "À cette phase du cycle de la Fed, il est normal de voir des rendements plus élevés", déclarait sur Bloomberg TV, Carl Weinberg de High Frequency Economics (USA).

En Europe, la santé retrouvée des économies et la réduction des achats d’actifs financiers par la Banque centrale européenne dans le cadre de son "quantitative easing" font que les dettes souveraines ont aussi glissé dans des "marchés baissiers". Le rendement de l’OLO belge à 10 ans a grimpé de 40% en moins de trois semaines pour atteindre 0,68%. Il peut-être bon de rappeler qu’une hausse du rendement d’une obligation, fait mécaniquement baisser le prix de l’obligation dans des proportions toutefois beaucoup plus modestes.

L’OLO à 10 ans à 1%?

Comment évolueront dans les semaines à venir les marchés d’obligations? Beaucoup s’attendent à ce que le rendement du 10 ans US évolue entre 2,7 et 3% cette année, et à ce que celui de l’OLO belge à 10 ans se dirige vers 1% d’ici la fin de 2018.

À moins que les rumeurs, selon lesquelles la Chine ralentirait ses achats de dettes américaines, ne se confirment. Si cela devait être le cas, cela ne manquera pas de faire monter davantage les rendements. La Chine qui dispose des premières réserves de changes (3.100 milliards de USD) au monde, détient 1.200 milliards de USD de bons du Trésor.

3.140 milliards de dollars
La Chine est, avec le Japon, l'un des deux principaux détenteurs de dette américaine
La Chine possède les plus importantes réserves de change du globe, fortes fin décembre de quelque 3.140 milliards de dollars.

Ce risque est ce qui a plombé l’ambiance sur les marchés d’actions ce mercredi. À de rares exceptions, les indices boursiers ont tous reculé. Les valeurs des banques et des assureurs ont été les seules à profiter de ces rumeurs. Cela a permis au Bel 20 de finir en hausse de 0,38% à Bruxelles. L’euro est remonté à 1,199 dollar, tandis que l’once d’or a bondi à 1.320 dollars.

Mais ce jeudi, la Chine a démenti les informations faisant état de sa volonté de réduire ou d'arrêter ses achats de dette américaine, y voyant de possibles "fausses nouvelles":

"Nous estimons que ces informations sont peut-être basées sur des sources erronées, ou qu'il s'agit peut-être (simplement) de fausses nouvelles", a déclaré dans un communiqué un porte-parole de l'agence gouvernementale en charge du marché des changes (SAFE).

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