La City accélère sa transition verte

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L’Investment Association exige désormais de ses membres qu’ils informent les actionnaires sur l’impact du changement climatique sur leurs activités. La transparence en matière de risques environnementaux devrait devenir une nouvelle norme dans la City d’ici la date butoir de 2022.

Cela fait déjà plus de trois ans que les sociétés du London Stock Exchange intègrent systématiquement des données sur les écarts salariaux entre hommes et femmes dans leurs rapports annuels. La majeure partie d’entre elles – en tout cas celles du FTSE 100 –, vont également franchir une étape importante d’ici 2022, avec l’intégration de données relatives à l’impact et aux risques du changement climatique sur leurs activités.

L’initiative impulsée par l’Investment Association (IA) – organisme qui rassemble un tiers des 100 plus grandes sociétés de la City –, vise à s’aligner sur les recommandations de la Task Force for Climate-related Financial Disclosures (TCFD), créée en 2015 par le Financial Stability Board, organisme international lui-même créé au lendemain de l’historique sommet du G20 à Londres en 2009. Ces nouvelles exigences n’ont pas de lien avec le choc de conscience de la pandémie de coronavirus, puisque les recommandations de l’IA ont été publiées avant la première vague du printemps dernier.

"Le changement climatique pourrait entraîner une perte de valeur significative dans les sociétés où les risques ne sont pas précisément mesurés et gérés, avec un impact final pour le portefeuille des détenteurs d’actions."
Andrew Ninian
Directeur de l’administration et de la gouvernance d’entreprise à l’Investment Association

L’IA n’hésitera pas à rudoyer ses membres les plus récalcitrants. Son système d’informations aux investisseurs (Institutional Voting Information Service, IVIS) évaluera le niveau de transparence des sociétés, avec plusieurs couleurs différentes pour informer de façon simple les investisseurs du niveau d’implication d’une société. Le signal est clair pour les investisseurs: une société qui communique peu sur son exposition au changement climatique est potentiellement une société qui néglige ce risque.

Selon Andrew Ninian, directeur de l’administration et de la gouvernance d’entreprise à l’Investment Association, “le changement climatique pourrait entraîner une perte de valeur significative dans les sociétés où les risques ne sont pas précisément mesurés et gérés, avec un impact final pour le portefeuille des détenteurs d’actions. Les firmes doivent calculer l’impact du changement climatique sur leurs activités, leurs produits et leur stratégie, et indiquer aux investisseurs comment elles s’adaptent à ces risques.”

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sociétés
Seules 30 sociétés du FTSE 100 intègrent dans leurs rapports annuels les informations sur les risques associés au changement climatique.

Seules 30 sociétés du FTSE 100 intègrent dans leurs rapports annuels les informations sur les risques associés au changement climatique. 53 autres mentionnent une partie des risques, mais de façon très parcellaire et en-deça des recommandations de la TCFD, qui insiste sur la nécessité de donner des évaluations chiffrées des risques. Ces nouvelles obligations de transparence vont dans le sens de programmes internationaux ambitieux, comme le Net Zero Investment Framework, lancé au mois d’août par l’Institutional Investors Group on Climate Change. Celui-ci vise à décarboner totalement les portefeuilles d’investissement.

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