La crainte d'une pandémie déclenche une solide correction sur les bourses

©REUTERS

Les économistes se montraient récemment encore rassurants sur le sujet. Mais les craintes se sont sensiblement ravivées cette semaine avec la propagation du coronavirus dans plusieurs pays dans le monde. Celles de voir les principales économies basculer dans une récession.

L’annonce il y a huit jours de l’existence d’un foyer important de personnes contaminées en Italie a fait l’effet d’une bombe. Les marchés financiers qui craignent un scénario semblable à ce qui se passe en Chine, où l’activité économique a fortement décéléré ces dernières semaines en raison de l’épidémie de Covid-19, ont commencé à broyer du noir. La nervosité, voire la panique comme le démontre l’envolée de l’indice VIX qui a bondi de 17 à 44 points, s’est emparée de toutes les bourses. Les indices n’ont cessé de piquer du nez, jour après jour.

Les places européennes sont celles qui ont le plus souffert. L’indice paneuropéen Stoxx 600 a plongé de 12,25% pour revenir à 375,63 points, niveau auquel il se situait en août 2019. C’est son plus sombre bilan hebdomadaire depuis la crise financière à l’automne 2008. Depuis son dernier pic historique du 19 février dernier, il accuse un repli de 13%.

AB InBev enfonce le Bel 20

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C'est ce que la chute de 23,3% de l'action AB InBev a fait perdre à l'indice Bel 20 cette semaine.

Parmi les principaux indices boursiers, le Bel 20 a compté parmi les plus malmenés. Il chute de 14,46% à 3.488,60 points. À elle seule, l’action AB InBev qui s’est effondrée de 23,3% à 50,73 euros intervient à hauteur de 2% dans cette performance négative.

À Londres, l’indice FT 100 a abandonné 11,3% et le CAC 40 de Paris 11,9%. L’indice DAX 30 de la Bourse de Francfort a cédé 12,4%. À Milan, l'indice FTSE MIB a reculé de 11,3%.

À Wall Street, l’indice S&P 500 est repassé sous la barre des 3.000 points. Il affichait vendredi vers 18 heures un repli hebdomadaire de 12,6% à 2.915 points. Du côté du Nasdaq, l’indice général a cédé 11,6% à 8.450 points. Ce sont sa composante des actions technologiques (-11,3%) et celle des valeurs industrielles (-10,3%) qui ont été le plus affectées par les vagues de dégagements. La baisse de celle des actions de sociétés biotechs s’est arrêtée à -9%.

En Chine, après avoir gagné 4,2% il y a huit jours, la Bourse de Shanghai s’est repliée de 5,2%, tandis que celle de Séoul en Corée du Sud a lâché 8,1%.

Signaux précurseurs

L’évolution de ces différents indices laisse bien transparaître la crainte des investisseurs d’être confrontés prochainement à des économies en récession. D’ordinaire, les bourses anticipent une récession en reculant d’au moins 20%.

La crainte des investisseurs, on la ressent aussi sur le marché des obligations. Le rendement de l’obligation américaine à 10 ans n’a cessé d’enfoncer des planchers historiques. Il est passé d’un vendredi à l’autre de 1,47% à 1,18% et se situe désormais sous celui du rendement à 3 mois qui évolue autour de 1,45%. Une telle configuration a lieu généralement lorsque les marchés anticipent une récession. Elle soutient l’idée de certains investisseurs selon laquelle la banque centrale américaine pourrait bien intervenir, en décidant d’abaisser son taux d’intérêt directeur en vue de soutenir son économie. Une perspective qui profite à l’euro. La monnaie européenne est remontée de 1,7% à 1,1034 dollar.

Après avoir effectué une envolée jusqu'à 1.689 dollars lundi, l'once d'or est retombée sous les 1.600 dollars.

Autre actif à être affecté par le risque d’une récession, le baril de Brent a plongé de 13,4% à 50,6 dollars. Enfin, parmi les très rares observations rassurantes, l’once d’or qui s'était envolée jusqu’à 1.689 dollars lundi est revenue à 1.590 dollars (-3%). Le comportement du métal jaune relative en quelque sorte le bond de l'indice VIX, celui qui est régulièrement surnommé l'indice de la peur.

 

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