La crise politique provoque une légère hausse des taux belges

Photo d'illustration. ©REUTERS

Le marché obligataire réagit aussi à la crise politique. Une légère hausse des taux se produit ce mercredi. À plus long terme, c'est notre crédibilité budgétaire qui est en jeu.

La Belgique étant en pleine crise politique, le monde économique est lui aussi sur le qui-vive. D'autant que les nuages s'amoncellent au-dessus de nos têtes avec le Brexit, les tensions commerciales et les signes d'un ralentissement de l'économie mondiale. "La démission du Premier ministre en Belgique est une très mauvaise nouvelle et tombe au plus mauvais moment", estime Bernard Keppenne, économiste en chef de CBC Banque.

Il souligne sur son blog que la confiance des consommateurs est à son niveau le plus bas depuis 2 ans. Pour lui, c'est un "signal d'alarme dans un contexte de ralentissement général et alors que pend le risque d’un hard Brexit". "Que cela soit un gouvernement en affaires courantes ou des élections anticipées, nous allons connaitre une période d’incertitude absolument dommage pour notre économie."

"La Belgique est aujourd'hui une exception sur le marché obligataire en Europe"
Nicolas Forest
responsable de la gestion obligataire chez Candriam

Sur le marché obligataire, si les cambistes sont focalisés sur la réunion de la Réserve fédérale américaine et la très probable nouvelle hausse de taux, on constate tout de même une réaction plus importante des taux d'emprunt belges par rapport aux autres pays européens. Le taux à 10 ans  grimpe de 1,9 point à 0,749% alors que le Bund allemand recule de 0,4 point à 0,238%. Le spread (l’écart entre deux taux) Allemagne-Belgique se creuse et atteint 50,8 points.

"Il y a effectivement un léger écartement des taux belges", confirme Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam. D'après lui, "la Belgique est une exception aujourd'hui" sur le marché obligataire alors que l'ensemble des taux européens réagissent positivement à l'accord entre l'Italie et la Commission européenne. "Mais il n'y a rien de dramatique, nous sommes très loin des niveaux atteints durant la crise de la dette souveraine".

Souvenirs de la crise des 541 jours

À l'époque, entre 2010 et 2012, l'ensemble des taux européens est sous pression. L'accroissement rapide de la dette des pays occidentaux inquiète les investisseurs étrangers. Et pour couronner le tout, la Belgique vit à ce moment-là une autre crise politique, la plus longue de son histoire. En novembre 2011, dans les dernières semaines de négociations entre le formateur Elio Di Rupo et les autres partis, les taux belges se sont violemment écartés des autres taux européens. "Le spread belge (avec le Bund allemand, NDLR) avait presque atteint celui de l'Italie", se souvient Nicolas Forest. "C'était le plus haut niveau que la Belgique ait connu depuis la création de la zone euro".

"Le spread peut encore s'écarter de 10 à 20 points mais la simple absence d'un gouvernement ne va pas faire s'envoler les taux belges".
Nicolas Forest
responsable de la gestion obligataire chez Candriam

Aujourd'hui, il y a toutefois peu de risques que la situation se répète. "Il n'y a pas encore de fortes inquiétudes", explique le gestionnaire de Candriam. "Le spread peut encore s'écarter de 10 à 20 points mais la simple absence d'un gouvernement ne va pas faire s'envoler les taux belges".

Nicolas Forest estime cependant que si à court terme, il peut y avoir une légère tension, à plus long terme, "la Belgique devra garder une crédibilité budgétaire" pour ne pas provoquer une plus forte réaction des marchés. "Il faudra voir si le gouvernement en affaires courantes aura la capacité de proposer un budget crédible et de le faire adopter par le Parlement".

responsable de la gestion obligataire chez Candriam 

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