La crise sanitaire a fait fondre le marché de l'or en 2020

©AFP

Les investisseurs se sont rués sur les fonds adossés au métal jaune, rendant l'or physique trop cher aux yeux de nombreux particuliers. Ce qui a provoqué une chute historique de la demande mondiale.

La demande en or a été particulièrement faible en 2020, tombant à 3.759,6 tonnes. Ce qui n'était plus arrivé depuis onze ans. "Le marché mondial de l'or a été ravagé par la pandémie de Covid-19 tout au long de l'année", résume le Conseil mondial de l'or (CMO) dans son rapport du quatrième trimestre publié ce jeudi.

"Le marché [de l'or] a été porté par les investisseurs financiers."
John Mulligan
Porte-parole du CMO

Le contexte économique incertain déclenché par la crise sanitaire est pourtant de nature à favoriser les valeurs refuges, dont l'or. Mais l'envolée des prix à plus de 2.000 dollars l'once au début du mois d'août a surtout encouragé la spéculation sur des produits financiers indexés sur l'or (ETF) et contribué à différer l'achat d'or physique, devenu trop cher. 

"Le marché a été porté par les investisseurs financiers", confirme John Mulligan, porte-parole du CMO, à l'AFP. Une situation paradoxale qu'il qualifie de "bénédiction en demi-teinte". 

Des banques centrales moins gourmandes

Concrètement, l'appétit pour les bijoux en or a chuté de 34% par rapport à l'année précédente, pour atteindre un total de 1.411,6 tonnes. Du jamais vu! La Chine conserve sa place de premier marché sur ce segment, mais sa demande annuelle a dégringolé de 35%.  L'Inde a vu la sienne fondre de 42% en raison de la pandémie qui a lourdement affecté le pays et entraîné le report de nombreux mariages, événements propices à l'achat d'or par les familles.

<300
tonnes d'or
La demande des banques centrales, relative en volume (moins de 300 tonnes en 2020), a été la plus importante chute en proportion, avec 59% de moins qu'en 2019.

Les besoins de l'industrie, tirés principalement par l'électronique, ont eux aussi reculé, mais dans une moindre mesure, de l'ordre de 7%.

La demande des banques centrales a été la plus importante chute en proportion, avec 59% de moins qu'en 2019. Au rang des principaux acheteurs figurent d'abord la Turquie, suivie de loin par l'Inde et la Russie. 

Une offre "résiliente"

Seuls grands gagnants, les ETF ont vu leur demande exploser de 120% pour atteindre 877,1 tonnes. L'aversion des investisseurs pour le risque a été l'un des principaux moteurs pour ces placements en faveur de l'or, attiré par son statut de valeur refuge, mais aussi la forte volatilité des cours synonyme de possibles gains importants et rapides.

Du côté de l'offre, la crise sanitaire a également affecté l'extraction minière, qui n'a pas été exempte d'une baisse d'activité, voire de fermetures ponctuelles dans certains pays producteurs. L'offre en métal jaune a ainsi reculé de 4% l'an dernier.

Une baisse "minime" selon John Mulligan. Selon lui, cela montre surtout "la robustesse et la résilience de l'industrie". À noter que les prix soutenus ont aussi encouragé la filière du recyclage de l'or, qui s'est maintenue sur l'année. 

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