La Fed acte l'embellie mais maintient le cap

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s'est montré rassurant au sujet de la récente accélération de l'inflation. ©Bloomberg

La Fed voit l'économie s'améliorer. Mais il n'est "pas encore temps" de discuter d'un retrait des achats d'actifs, a dit Powell, ce qui a plu aux investisseurs.

Les taux d'intérêt américains restent figés. La Réserve fédérale (Fed) a annoncé, mercredi, le maintien de son principal taux directeur dans une fourchette allant de 0 à 0,25%. La banque centrale des États-Unis n'a pas non plus modifié son programme d'achats d'actifs, qui prévoit l'acquisition, chaque mois, d'obligations du Trésor US à hauteur de 80 milliards de dollars et de titres liés à des prêts à concurrence de 40 milliards de dollars. Ces achats font pression sur les taux à long terme.

0%
Taux directeur US
Le taux d'intérêt des fonds fédéraux, principal taux directeur des États-Unis, reste inchangé, entre 0 et 0,25%.

Ce statu quo de la politique monétaire de la Fed était largement attendu par les économistes. Dans son communiqué, le FOMC (Federal open market committee), le comité de politique monétaire de la Fed, observe une amélioration de la situation économique aux États-Unis. "En présence de progrès dans la vaccination et d'un fort soutien des politiques (budgétaires et monétaires, ndlr), les indicateurs de l'activité économique et de l'emploi se sont renforcés", constatent les banquiers centraux américains.

La Réserve fédérale semble minimiser l'importance de la récente accélération de la hausse des prix à la consommation. "L'inflation a augmenté, reflétant largement des facteurs transitoires", indique l'institution monétaire.

Ton accommodant

Le communiqué de la banque centrale américaine comporte extrêmement peu de modifications par rapport à celui de mars.

"La crise sanitaire en cours continue à peser sur l'économie, et les risques pour les perspectives économiques persistent."
Le comité de politique monétaire de la Fed

La Fed conserve le même ton, favorable à une politique monétaire particulièrement accommodante. Elle indique notamment que "la crise sanitaire en cours continue à peser sur l'économie, et les risques pour les perspectives économiques demeurent".

Lors de sa traditionnelle conférence de presse, Jerome Powell, le président de la Fed, a commenté la décision du jour. Malgré l'embellie économique, la reprise "reste inégale et est loin d'être complète", a-t-il martelé. Concernant l'inflation, il a estimé qu'elle "devrait continuer à augmenter davantage avant de se modérer".

Au sujet du niveau à partir duquel l'inflation inciterait la Fed à durcir sa politique, Powell s'est montré rassurant: "Une hausse transitoire de l'inflation au-dessus de 2% cette année ne rencontrerait pas ce critère." Le patron de la Fed a aussi souligné qu'il n'était "pas encore temps" de commencer à évoquer une diminution des achats d'actifs.

Powell fait baisser le dollar

Cette dernière déclaration de Jay Powell a fait son petit effet sur les marchés. Alors que les investisseurs étaient restés de marbre jusqu'alors, les indices actions américains ont soudainement grimpé, les taux d'intérêt des obligations gouvernementales des États-Unis se sont détendus et le dollar s'est tassé face à l'euro .

"Nous sommes encore loin du plein emploi."
Jerome Powell
Président de la Fed

Le patron de la Réserve fédérale a aussi évoqué le marché de l'emploi, où 916.000 postes de travail ont été créés le mois dernier aux USA. "Nous sommes encore loin du plein emploi", a nuancé Powell, renforçant ainsi le ton très conciliant de la banque centrale. Selon lui, les chiffres de mars sont trop isolés pour y voir une tendance lourde.

Dans les mois à venir, la Fed se prononcera à nouveau sur la politique monétaire, d'abord à la mi-juin puis fin juillet. Mais certains observateurs ont déjà le regard tourné vers le symposium des banquiers centraux qui se tiendra à Jackson Hole à la fin du mois d'août. Historiquement, les patrons de la Fed y ont souvent annoncé des changements d'orientation de la politique monétaire. Powell utilisera-t-il à nouveau cet événement médiatisé pour annoncer un premier tour de vis monétaire?

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