La Fed baisse ses taux d'un quart de point

Le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Jerome Powell. ©Photo News

Pour la première fois depuis décembre 2008, la banque centrale américaine a réduit ses taux d'intérêt directeurs. Elle va arrêter de réduire son bilan en août.

La Réserve fédérale (Fed) a annoncé une baisse de 0,25 point de pourcentage des taux d'intérêt des fonds fédéraux, une décision largement anticipée par les économistes et les investisseurs. La fourchette des taux d'intérêt directeurs des Etats-Unis passe ainsi à 2 à 2,25%, contre 2,25 à 2,5% auparavant.

2 à 2,25%
Fourchette des taux d'intérêt directeurs US
La Réserve fédérale (Fed) a réduit la fourchette des taux des fonds fédéraux des Etats-Unis. Celle-ci, qui allait de 2,25 à 2,5% auparavant, est désormais de 2 à 2,25%.

C'est la première baisse des taux de la Fed depuis le 16 décembre 2008, à l'époque de la crise financière.

La banque centrale américaine justifie sa décision par "les implication des développements mondiaux pour les perspectives économiques" et "les pressions inflationnistes contenues".

Mais la Fed juge qu'une poursuite de la croissance et une inflation proche de son objectif de 2% "sont les issues les plus probables", même si "des incertitudes au sujet de ces perspectives subsistent".

En ce qui concerne le niveau futur des taux directeurs, le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale signale qu'il "continuera à suivre les implications des informations à venir pour les perspectives économiques et agira de manière appropriée pour soutenir la croissance". D'après des économistes qui suivent la Fed de près, cette dernière expression signifie que la banque centrale reste prête à baisser ses taux si besoin.

Mais la Réserve fédérale se donne aussi toute latitude pour évaluer la nécessité d'une autre baisse de taux, en précisant qu'elle tiendra compte, à cet égard, des conditions du marché du travail, des pressions inflationnistes et des attentes en matière d'inflation, ainsi que que des évolutions financières et internationales.

La banque centrale américaine a également annoncé qu'elle mettrait un terme à la réduction de son bilan en août, deux mois plus tôt qu'annoncé précédemment. Pour rappel, actuellement, la Fed réduit progressivement ses réinvestissements lors de l'arrivée à échéance des obligations qu'elle détient à la suite de ses achats d'actifs durant la crise financière. En évitant de réinvestir, elle réduit son bilan et exerce une pression à la hausse sur les taux des obligations. Ce mécanisme prendra donc fin en août.

Deux des membres de la Fed ont émis des opinions dissidentes face à la décision de leurs collègues de réduire les taux directeurs américains. Eric Rosengren, président de la Fed de Boston, et Esther George, présidente de la Fed de Kansas City, ont voté en faveur d'un maintien des taux inchangés, ce qui pourrait signifier qu'une autre baisse de taux cette année sera plus compliquée à décider. Lors de la précédente réunion, un seul banquier central avait émis une opinion contraire.

Les intervenants des marchés financiers attendaient impatiemment cette annonce de la banque centrale américaine. Peu après la publication de la décision sur les taux, le Dow Jones  et le Nasdaq   sont passés en territoire négatif avant de tenter un rebond, dans un marché soudainement très volatil. Sur le marché des changes, le dollar, qui fluctuait peu face à l'euro   , s'est mis à grimper et il a limité son recul face à la livre sterling . Sur le marché obligataire, les taux des obligations gouvernementales des Etats-Unis se sont tendus.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a débuté sa conférence de presse à 20h30, heure belge. Il indique notamment qu'"une croissance mondiale faible, les incertitudes commerciales et une inflation atone préoccupent la Fed" et que "la croissance à l'étranger déçoit, surtout en Chine et en zone euro". Il évoque encore la persistance des pressions déflationnistes et des tensions commerciales.

Il souligne encore que "la décision actuelle de réduire les taux est différente d'un début d'un long cycle de réduction". A la suite de ces propos, les indices boursiers de Wall Street se sont enfoncés davantage dans le rouge.


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