La Fed baisse ses taux et laisse entrevoir une pause

©REUTERS

La Réserve fédérale américaine a réduit son principal taux d'intérêt directeur dans une fourchette allant de 1,50% à 1,75%. Mais la Fed sous-entend aussi qu'elle pourrait interrompre son cycle d'assouplissement.

La Réserve fédérale (Fed) a annoncé, ce mercredi soir, une réduction de 25 points de base (un quart de point de pourcentage) du taux d'intérêt des fonds fédéraux, principal instrument de politique monétaire de l'institution. La banque centrale des Etats-Unis ramène donc le taux de référence des marchés américains dans une fourchette allant de 1,50% à 1,75%, contre 1,75% à 2% auparavant.

Cette décision est conforme aux attentes des économistes et des investisseurs.

Changement de ton

Dans son communiqué, la Fed a toutefois procédé à une modification qui laisse entrevoir une pause dans son cycle d'assouplissement monétaire. Alors que la banque centrale avait, ces derniers mois, coutume d'indiquer qu'elle "agirait de manière appropriée pour soutenir la croissance", cette expression ne se retrouve pas dans le document publié ce mercredi.

1,50% à 1,75%
Nouvelle fourchette du taux directeur de la Fed
La Réserve fédérale a ramené le taux des fonds fédéraux dans une fourchette allant de 1,50% à 1,75%, contre 1,75% à 2% auparavant.

En lieu et place de cette phrase, le comité de politique monétaire de la Fed signale que, désormais, il "évalue le niveau approprié de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux". Parmi les commentateurs qui suivent la politique monétaire des Etats-Unis, plusieurs soulignent l'évolution du discours de la Fed, qui passe de l'"acte" à la simple "évaluation", ce qui semble bien dénoter l'intention de placer la politique monétaire en pause.

Comme pour justifier ce changement de cap, la Réserve fédérale prend aussi acte de la récente stabilisation des indicateurs conjoncturels. A l'issue de sa précédente réunion, elle avait constaté que les investissements des entreprises et les exportations "s'étaient affaiblies", alors que cette fois-ci, elle se contente de mentionner que ces paramètres sont "restés faibles".

Par ailleurs, la Fed reste confiante à l'égard des perspectives pour l'économie américaine mais elle maintient que "des incertitudes concernant ces perspectives subsistent".

Autre indice du statu quo à venir

Un autre indice de la fin de l'actuel cycle d'assouplissement réside dans l'absence d'opinion dissidente du membre le plus "colombe" (favorable à une politique monétaire plus souple) de la Fed.

La Fed avait déjà procédé à deux assouplissements monétaires, chaque fois d'un quart de point également, en août et en septembre.

Lors de la dernière réunion du comité de politique monétaire, James Bullard avait voté contre la décision parce qu'il aurait souhaité que la banque centrale réduise ses taux de manière plus prononcée. Cette fois, le président de la Fed de Saint-Louis a voté en faveur de la décision du comité.

La Fed avait déjà procédé à deux assouplissements monétaires, chaque fois d'un quart de point également, en août et en septembre. Auparavant, une baisse du loyer de l'argent aux Etats-Unis n'était plus arrivée depuis décembre 2008, lors de la crise financière.

Le "bon niveau", selon Powell

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a estimé, lors de la conférence de presse qui a débuté après la publication de la décision de la Fed, que la politique monétaire des Etats-Unis était désormais au "bon niveau".

Les investisseurs prennent acte du ton désormais plus ferme de la Fed et perdent tout espoir d'une nouvelle baisse de taux avant un certain temps.

Le patron de la banque centrale américaine ajoute que ce niveau "est susceptible de rester approprié" si les données macroéconomiques continuent à évoluer conformément aux attentes du comité de politique monétaire.

Après cette déclaration de Powell, le taux d'intérêt des obligations à deux ans des Etats-Unis s'est tendu brusquement, passant de 1,61% à 1,67%, avant de réduire légèrement cette avance. Ceci suggère que les investisseurs prennent acte du ton désormais plus ferme de la Fed et qu'ils perdent tout espoir d'une nouvelle baisse de taux avant un certain temps.

L'euro baisse... puis remonte

Les propos du président de la Réserve fédérale ont également secoué les intervenants du marché des changes. Le dollar s'est soudainement renforcé. Face à l'euro , le billet vert est tout à coup passé de 1,1110 dollar pour un euro à 1,1080 dollar pour un euro.

"Nous ne songeons pas à relever les taux pour l'instant."
Jerome Powell

La tendance s'est toutefois rapidement inversée peu après car Jerome Powell a écarté toute hausse de taux prochaine. "Nous ne songeons pas à relever les taux pour l'instant", a-t-il indiqué. Il s'est même montré plus rassurant encore: "Je pense que nous aurions besoin de voir un sérieux mouvement de hausse de l'inflation, qui soit persistant, avant que nous ne relevions les taux à cause de préoccupations pour l'inflation."

Cette déclaration semble avoir rasséréné les investisseurs car le taux des Treasuries à deux ans s'est retourné à la baisse, tandis que le dollar a effacé ses gains, l'euro atteignant même 1,1140 dollar, son plus haut niveau du jour.

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