La Fed compte maintenir ses taux au plus bas jusqu'en 2023

Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale. ©REUTERS

La Réserve fédérale laisse ses taux au plancher et prévoit de les y maintenir longtemps. Elle lie sa "forward guidance" au nouvel objectif d'inflation.

La Réserve fédérale (Fed) maintient le cap. Au terme d'une réunion de deux jours, la banque centrale des Etats-Unis a annoncé mercredi soir qu'elle maintenait ses taux d'intérêt directeurs au plancher et que cela devrait rester le cas au moins jusqu'en 2023.

Les anticipations des banquiers centraux américains, matéralisées par des niveaux de futurs taux directeurs estimés reportés sur un graphique de la Fed très suivi par les analystes, montrent que la Fed n'entrevoit pas de modification de ses taux jusqu'en 2023.

-3,5%
La contraction du PIB US attendue par la Fed
La Réserve fédérale table sur une régression du produit intérieur brut américain comprise entre 3 et 4% cette année, contre une anticipation de récession allant de 5,5 à 7,6% en juin.

Les taux de référence américains restent donc contenus dans une fourchette allant de 0 à 0,25%, comme c'est le cas depuis six mois. La Fed continue aussi à créer de l'argent en achetant des titres sur les marchés tout en augmentant son bilan. Ce volet de la politique monétaire des USA reste illimité: la banque centrale américaine maintient le rythme de ses acquisitions sans fixer de montant maximum.

La Fed confirme par ailleurs son nouvel objectif d'inflation, qui n'est plus d'atteindre une hausse des prix de 2% mais bien une inflation moyenne de 2% dans la durée, ce qui autorise un dépassement provisoire de ce seuil pour compenser le déficit d'inflation des dernières années. Dans son sommuniqué, la banque centrale précise qu'elle "s'attend à maintenir un niveau accommodant de la politique monétaire jusqu'à ce que ces objectifs soient atteints". Autrement dit, la Fed lie sa "forward guidance" (ses intentions à plus long terme) au nouvel objectif d'inflation qu'elle s'est assigné fin août.

L'institut monétaire a aussi dévoilé de nouvelles prévisions économiques actualisées. Concernant la croissance économique, elle estime que le PIB (produit intérieur brut) des Etats-Unis subira une contraction de 3 à 4% cette année, contre une précédente estimation comprise entre -5,5 et -7,6%. Le taux de chômage est quant à lui vu à 7 à 8% en 2020, contre une prévision antérieure de 9 à 10%. Depuis les dernières projections de la Fed, qui remontent au 10 juin, la situation économique s'est quelque peu améliorée, ce qui explique ces révisions favorables.

Décision saluée en bourse

Pour les années suivantes, la Fed voit la croissance revenir dès 2021 mais à un rythme moins soutenu qu'espéré précédemment, tandis que le marché de l'emploi devrait s'améliorer un peu plus rapidement qu'escompté en juin. La banque centrale répète néanmoins que "le rythme de l'économie dépendra significativement de l'évolution du virus".

L'annonce de la Fed a été bien accueillie en bourse: les indices américains Dow Jones et S&P 500 ont accentué leur hausse et le Nasdaq, qui reculait auparavant, est revenu en territoire positif. L'euro a subi de la volatilité au moment de l'annonce mais est revenu à son niveau d'environ 1,1830 dollar, comme avant la publication du communiqué de la Fed.

Pour Jerome Powell, le président de la Fed, la nouvelle "forward guidance" de la banque centrale "clarifie l'engagement fort" des banquiers centraux américains "à un horizon de long terme", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse. Concernant la reprise de l'économie, il a indiqué qu'"un soutien budgétaire direct pourrait être nécessaire" là où la politique monétaire ne peut agir.

Le patron de la Fed n'a pas laissé entrevoir de nouvelles mesures, au contraire. "Nous pensons que le niveau de notre politique est approprié pour soutenir l'expansion" de l'économie, a-t-il déclaré. Cet attentisme était prévisible, à quelques encâblures de l'élection présidentielle américaine...

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