La Fed maintient sa politique et suit la crise de près

Jerome Powell, le président de la Fed, figurait parmi les invités triés sur le volet lors de la prestation de serment du président américain Joe Biden il y a une semaine. ©AFP

La banque centrale américaine garde le cap. Elle suit de près l'évolution de la vaccination. Powell estime qu'on est loin d'une reprise économique complète.

La Réserve fédérale (Fed) a maintenu sa politique monétaire inchangée. La banque centrale américaine a décidé de laisser le taux d'intérêt des fonds fédéraux, principal taux de référence aux États-Unis, fluctuer entre 0 et 0,25%, indique le communiqué du comité de politique monétaire de l'institution, publié ce mercredi.

120
milliards de dollars
La Réserve fédérale continuera ses achats d'actifs à hauteur d'au moins 120 milliards de dollars (100 milliards d'euros) par mois.

Par ailleurs, la Fed signale qu'elle continuera à exécuter son programme d'achats d'actifs. Ces achats, dont la plus grande partie porte sur des obligations gouvernementales américaines, s'élèvent à au moins 120 milliards de dollars (100 milliards d'euros) par mois. Ces opérations permettent de maintenir les taux d'intérêt à long terme sous pression.

La Fed confirme aussi sa "forward guidance" (indication pour l'avenir). Elle prévoit ainsi de maintenir ses taux directeurs au niveau actuel "jusqu'à ce que les conditions du marché du travail aient atteint des niveaux conformes aux estimations de plein emploi et jusqu'à ce que l'inflation ait grimpé à 2% et soit partie pour dépasser modérément 2% pour un certain temps". Elle s'engage aussi à continuer à acquérir des actifs à hauteur d'au moins 120 milliards de dollar "jusqu'à ce que de nouveaux progrès substantiels aient été accomplis vers les objectifs maximaux d'emploi et de stabilité des prix du comité" de politique monétaire.

Plus préoccupée qu'en décembre

Parmi les seules modifications dans la communication de la banque centrale américaine par rapport à sa réunion de décembre dernier, l'analyse de la situation économique traduit le récent ralentissement de la reprise économique. "Le rythme de la reprise dans l'activité économique et l'emploi s'est modéré ces derniers mois, avec une faiblesse concentrée dans les secteurs les plus affectés par la pandémie", souligne le communiqué de la Fed.

"Nous sommes encore loin d'une reprise complète."
Jerome Powell
Président de la Fed

Autre petite modification dans ce texte du comité de politique monétaire: la Fed montre qu'elle suit de près l'évolution de la vaccination aux États-Unis. L'évolution économique à venir dépendra significativement de la situation sanitaire, "y compris la progression dans les vaccinations", souligne-t-elle. Une précision qui était absente en décembre.

Par rapport à sa réunion précédente, la Fed semble plus préoccupée pour l'avenir. Jerome Powell, le président de l'institution, a néanmoins signalé que l'économie s'était montrée plus résiliente que prévu et que plusieurs éléments suggéraient de meilleures perspectives dans le courant de l'année.

Pas d'action en cas d'inflation

Mais il a averti qu'il faudrait probablement "un certain temps" pour atteindre les objectifs d'emploi et d'inflation. "Nous sommes encore loin d'une reprise complète" de la croissance économique, a-t-il dit. Interrogé sur le risque de bulles spéculatives liées à la politique monétaire très accommodante, le patron de la Réserve fédérale a botté en touche: "Je dirais que les faiblesses en matière de stabilité financière sont globalement modérées." Au sujet du soutien monétaire de la Fed, Powell a indiqué que si nécessaire, la banque centrale pouvait en faire davantage.

Concernant le moment à partir duquel ce soutien monétaire serait ultérieurement diminué, le chef de la Fed a coupé court: "Il est simplement trop tôt pour parler de dates" à ce sujet. Enfin, sur l'inflation, Jay Powell a indiqué qu'on pouvait s'attendre à une absence de réaction de la Fed en cas d'accélération de la hausse des prix.

Les marchés ont peu réagi aux propos du patron de la Fed. Les indices boursiers de Wall Street sont restés en nette baisse et le dollar a confirmé sa progression face à l'euro.

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