"La Fed ne fait rien pour calmer les marchés"

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Les spéculations sur les marchés vont sans doute repartir de plus belle avant les deux prochaines réunions de la Fed prévues d'ici à la fin de l'année. L'enjeu est énorme: les investisseurs redoutent la fin de l'ère de l'argent bon marché qui a fait leur fortune sur les marchés boursiers.

Les récents développements dans l'économie et la finance mondiales ont peu quelque peu freiné l'activité et sont susceptibles d'exercer une pression à la baisse sur l'inflation à moyen terme.
Comité de politique monétaire de la Fed

La Réserve fédérale a décidé de ne pas modifier sa politique monétaire. Conséquence?  L'accès de volatilité observé depuis six semaines sur les marchés financiers mondiaux pourrait bien se prolonger pendant une bonne partie de l'automne, pensent plusieurs gérants de portefeuilles.

La Fed n'a pas relevé ses taux depuis 2006 et les investisseurs craignent qu'une prolongation du statu quo ne maintienne les marchés dans l'incertitude alors que les investisseurs cherchent à décrypter l'influence de multiples facteurs, des indicateurs économiques chinois aux cours des matières premières, sur les prochaines décisions de l'institution.

"En réalité, elle n'a fait qu'accroître un peu plus l'incertitude sur ce qu'elle pense. Pour moi, cela revient à faire ressurgir le spectre de tout ce que l'on a observé il y a quelques semaines avec les marchés émergents et les matières premières." (Ian Winer, responsable du trading actions de Wedbush Securities)

Wall Street a fini incertaine jeudi, entre soulagement immédiat, après le maintien en l'état par la Réserve fédérale de son soutien à l'économie, et inquiétude sur ce qu'implique cet attentisme: le Dow Jones a perdu 0,39%, mais le Nasdaq a pris 0,10%.

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L'indice de volatilité du CBOE, principale baromètre de l'incertitude des marchés, qui s'était orienté à la baisse après un pic fin août, a reculé jeudi soir après les annonces de la Fed, une réaction logique après un tel événement. Mais les investisseurs sont loin d'être apaisés.

"Je pense qu'on pourrait en voir certains opter pour des protections supplémentaires, ce qui devrait doper un peu le VIX" (Ian Winer)

 

Des inquiétudes plus vives concernant la croissance en Chine et dans d'autres marchés émergents ont conduit à une volatilité sur les marchés financiers.
Janet Yellen,
présidente de la Fed

La chute des marchés boursiers chinois et l'incertitude sur le calendrier et l'impact d'une hausse des taux américains ont eu pour effet fin août un repli de 10% de l'indice Standard & Poor's-500, sa première correction en quatre ans.

L'indice de référence américain reste 6,6% en dessous de son record historique de mai et accuse un repli de 3,3% depuis le 1er janvier.

 

"L'attentisme va devenir la nouvelle norme à court terme" (Gary Cloud, gérant obligataire du Hennessey Equity and Income Fund)

©AFP

La décision de la Fed n'est pas le seul facteur susceptible d'entretenir la volatilité pendant l'automne, estime des gérants, en citant le risque d'un blocage au Congrès sur le budget qui pourrait aboutir à la fermeture des administrations fédérales, celui d'une baisse continue des marchés chinois ou encore les prochains résultats trimestriels des sociétés cotées, qui incluront leurs prévisions pour 2016.

Pour Gary Cloud, gérant obligataire du Hennessey Equity and Income Fund, "l'attentisme va devenir la nouvelle norme à court terme", jusqu'à ce que la Fed annonce une hausse des taux. Le marché des Treasuries devrait évoluer dans une fourchette étroite jusqu'à la fin de l'année, même si la volatilité reste élevée, précise-t-il. Certains gérants ont toutefois accueilli favorablement la décision de la Fed.

"Il y a quelques semaines, le marché s'y était préparé, puis la volatilité chinoise lui a mis des bâtons dans les roues. (La Fed) essaie d'inciter de nouveau le marché à intégrer une hausse de taux, donc ce n'est pas un mauvais coup qu'elle lui porte", dit Steve Chiavarone, co-gérant du fonds Federated Global Allocation.

Par ailleurs, la nouvelle projection à long terme de la Fed, qui préfigure un taux des "fed funds" à 3,75% contre 3,5% auparavant, pourrait profiter aux valeurs de rendement, explique-t-il, ajoutant tabler sur un S&P-500 à 2.200 points en fin d'année, soit un peu plus de 10% au-dessus de son niveau de jeudi soir. Lon Erickson, co-gérant de plusieurs fonds obligataires de Thornburg, juge quant à lui préoccupante la perspective d'une remontée de l'inflation plus rapide qu'anticipé pour l'instant, ce qui pourrait nuire aux obligations du Trésor. Un risque dont il entend se prémunir en misant sur les obligations indexées (TIPS).

 

A quoi doit-on s'attendre?

©Bloomberg

Janet Yellen n'a pas souhaité réitérer clairement qu'elle s'attendait à une hausse des taux avant la fin de l'année mais a laissé la porte ouverte à un changement de cap lors de la prochaine réunion d'octobre qui ne sera, a priori, pas suivie d'une conférence de presse. La dirigeante a, surtout, une nouvelle fois tenter d'imposer l'idée que "la date de la hausse initiale est bien moins importante pour l'économie que le rythme suivi ensuite".

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