La Fed ne veut pas "suréagir" à des facteurs "qui peuvent être temporaires" (Jerome Powell)

Jerome Powell, le président de la Fed. ©EPA

Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, a assuré mardi que la banque centrale américaine était "isolée des pressions politiques à court terme" alors que l'institut d'émission fait face aux appels répétés du président américain Donald Trump en faveur d'une baisse des taux.

Jerome Powell, qui tient d'habitude à éviter de réagir aux invectives de Donald Trump, change de ton. Invité ce mardi à la conférence organisée par le Council on Foreign Relations à New York, le président de la Fed a ainsi insisté sur l'indépendance de la Banque centrale. Une réponse au président américain qui demande avec insistance à la banque centrale de son pays d'agir sur les taux, traitant la Fed de "folle" ou d'"enfant têtu".

Jerome Powell a tenu à être clair: "le Congrès a choisi d'isoler la Fed" des pressions politiques "parce qu'il a vu les dégâts qui s'en suivent quand la politique monétaire se plie aux intérêts politiciens à court terme"."Les banques centrales des grandes démocraties dans le monde disposent de la même indépendance", a rappelé Jerome Powell. 

"La politique monétaire ne doit pas réagir de façon excessive à une statistique particulière ou à une variation à court terme du sentiment. Agir ainsi risquerait d'ajouter encore plus d'incertitude aux perspectives."
Jerome Powell
Président de la Fed

Les propos du président de la Fed interviennent alors que la banque centrale, qui a marqué une pause dans le resserrement de sa politique monétaire et signalé qu'elle pourrait même abaisser les taux, ouvrant même la voie à de possibles baisses de taux pouvant atteindre au total jusqu'à 50 points de base d'ici la fin de l'année. Le président américain a jugé lundi sur Twitter que la Fed "ne savait pas ce qu'elle faisait" et qu'elle avait relevé trop vite ses taux d'intérêt étant donné la faiblesse de l'inflation et le ralentissement de la croissance mondiale.  

La Fed en plein doute 

Ce mardi, Jerome Powell a semblé moins pressé d'agir sur les taux. Il a répété que la Fed jugeait toujours les perspectives de croissance de l'économie américaine solides, avec un taux de chômage au plus bas et une inflation proche de son objectif annuel de 2%. Mais, il a aussi indiqué que ses collègues et lui-même s'interrogeaient sur le fait de savoir si l'incertitude entourant notamment le commerce justifiait une baisse des taux. Une nuance qui a plombé l'ambiance à Wall Street. Les indices, déjà légèrement dans le rouge avant la prise de parole de Powell, ont creusé leurs pertes avant de lentement revenir à leurs niveaux antérieurs. 

"La question à laquelle mes collègues et moi sommes confrontés est de savoir si ces incertitudes continueront de peser sur les perspectives et nécessiteront donc un assouplissement monétaire supplémentaire", a encore déclaré Jerome Powell. "De nombreux membres du FOMC estiment que les arguments en faveur d'une politique un peu plus accommodante se sont renforcés. Mais nous sommes également conscients du fait que la politique monétaire ne doit pas réagir de façon excessive à une statistique particulière ou à une variation à court terme du sentiment. Agir ainsi risquerait d'ajouter encore plus d'incertitude aux perspectives", a-t-il ajouté.

Le patron de la Fed promet en tout cas de surveiller "de près les répercussions des informations reçues sur les perspectives économiques" et assure que la Réserve fédérale prendra "les mesures qui s'imposent pour soutenir l'expansion.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect