La Fed prend acte de la baisse de régime de l'économie mondiale

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La Réserve fédérale a adopté un ton plus accommodant dans le communiqué qu’elle a publié mercredi après la réunion de son comité de politique monétaire. La banque centrale des Etats-Unis reconnaît un ralentissement de la croissance et note un effet à court terme de la baisse des prix pétroliers sur l’inflation.

La Réserve fédérale (Fed) est moins pressée de durcir sa politique monétaire. Au terme d’une réunion de deux jours, la banque centrale des Etats-Unis a reconnu que la croissance économique avait ralenti depuis décembre, ce qui laisse supposer un changement dans son intention de l’époque de procéder à quatre hausses des taux d’intérêt directeurs cette année.

Le comité de politique monétaire de la Fed ("Federal Open Market Committee" ou FOMC) a, sans surprise, maintenu ses taux d’intérêt inchangés, dans une fourchette allant de 0,25% à 0,50%. Mais les intervenants des marchés attendaient surtout le point de vue des banquiers centraux américains sur la détérioration récente des conditions économiques et financières.

"On s’attend à voir l’inflation rester faible à court terme, en partie à cause de la nouvelle baisse des prix de l’énergie."
Le comité de politique monétaire de la Fed

Dans son communiqué publié mercredi soir, la Fed reconnaît que "la croissance économique a ralenti à la fin de l’année dernière". En décembre, l’activité manufacturière des Etats-Unis a subi sa plus forte contraction en six ans et les ventes de détail ont diminué. La banque centrale américaine note d’ailleurs que "les dépenses des ménages et les investissements fixes des entreprises ont augmenté à un rythme modéré ces derniers mois", alors qu’en décembre, elle avait évoqué une progression à un rythme "solide".

La Réserve fédérale reste toutefois confiante pour l’avenir. "Le comité (de politique monétaire, NDLR) prévoit actuellement que l’activité économique croîtra à un rythme modéré et que les indicateurs du marché du travail continueront à se renforcer", précise le communiqué qui évoque par ailleurs une "forte" progression de l’emploi, au lieu d’une hausse du marché du travail "en cours" en décembre.

Si la Fed maintient sa confiance dans la croissance et l’emploi, elle reconnaît par contre l’effet de la baisse des prix pétroliers sur l’inflation. Elle constate tout d’abord que les indicateurs d’inflation basés sur les marchés "ont baissé davantage". En décembre, la banque centrale s’était contentée de noter qu’ils "restaient faibles".

Le FOMC signale ensuite que l’inflation devrait "rester faible à court terme, en partie à cause de la nouvelle baisse des prix de l’énergie". Elle entrevoit par contre toujours un taux d’inflation de 2% à moyen terme grâce à "la dissipation des effets transitoires de la baisse des prix de l’énergie et des importations".

Grâce à ce communiqué qui prend acte de la détérioration récente mais maintient les prévisions pour l’avenir, la Fed est parvenue à ménager la chèvre et le chou: tout en adoptant un ton un peu plus accommodant compte tenu de la récente dégradation économique et financière, elle n’a pas alarmé les marchés. Dans l’heure qui a suivi la publication du communiqué de la Fed, l’indice S&P500 représentatif de la Bourse de New York est resté proche de l’équilibre. Sur le marché des changes, le dollar a reculé face à l’euro.

Et ensuite? La Fed signale qu’elle va "surveiller de près les développements économiques et financiers mondiaux".

Autrement dit: rendez-vous en mars, lors de la prochaine réunion du FOMC. Ou peut-être déjà en février, quand Janet Yellen, la présidente de la Fed, s’exprimera devant les parlementaires américains…

 

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