"La Fed sera agressive s'il s'avère que c'est nécessaire" (Powell)

Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, commente ce mercredi soir la décision de politique monétaire de la banque centrale américaine. ©AFP

La banque centrale des Etats-Unis a annoncé une baisse de ses taux directeurs, une décision largement attendue sur les marchés financiers.

Le principal taux directeur des Etats-Unis diminue. La Réserve fédérale (Fed) a annoncé ce mercredi soir que le taux des fonds fédéraux  irait désormais de 1,75 à 2%, contre une fourchette fixée à 2 à 2,25% auparavant. Cette baisse de 25 points de base (un quart de point de pourcentage) était largement attendue par les acteurs de la finance mondiale.

Cette baisse de taux est censée revigorer l'économie américaine qui a montré des signes d'essoufflement au cours des derniers mois. Un loyer de l'argent plus faible est en effet censé inciter les épargnants à investir davantage dans les entreprises dans l'espoir de rendements plus rémunérateurs.

Une première baisse de taux avait été annoncée à la fin du mois de juillet. Les marchés anticipent que la politique monétaire sera encore assouplie de cette manière à deux reprises d'ici la fin de l'année prochaine.

Une Fed désunie 

Mais les prévisions des membres de la Fed pour les prochains mois ne laissent pas entrevoir autant de largesse monétaire. D'après les anticipations chiffrées ("dot plots") des banquiers centraux américains, sept d'entre eux tablent sur un taux des fonds fédéraux à 1,625% fin 2019, cinq le voient à 1,875% et cinq à 2,125%. Aucun des membres du comité de politique monétaire ne prévoit de taux inférieur à 1,625% d'ici 2022.

Evénement notable de cette réunion de la Fed: trois de ses membres ont émis une opinion dissidente, peut-on lire dans le communiqué de la banque centrale. Esther George, présidente de la Fed régionale de Kansas City, et Eric Rosengren, patron de la Fed de Boston) ont, comme fin juillet, estimé qu'il aurait mieux valu laisser les taux directeurs inchangés, tandis que James Bullard, de la Fed de St-Louis, a quant à lui voté contre la décision car il aurait préféré une baisse de 50 points de base (un demi-point de pourcentage). En conférence de presse, le président de la Fed a toutefois signalé que ce débat au sein de son institution était "sain". 

Reprendre le contrôle des taux du marché monétaire 

Par ailleurs, face aux récentes tensions sur le marché monétaire qui avaient conduit la Fed à y injecter de l'argent, la banque centrale a aussi décidé de réduire de 30 points de base (0,3 point) les taux appliqués aux réserves excédentaires des banques et aux opérations de rachat au jour le jour. La Réserve fédérale entend ainsi reprendre le contrôle des taux du marché monétaire.

Dans son communiqué, le comité de politique monétaire de la Fed répète qu'il "agira de manière appropriée pour soutenir la croissance", une formule qui était scrutée de près car elle confirme le biais actuellement accommodant de la politique monétaire.

Pour le reste, le communiqué contient peu de modifications. Il constate que les dépenses des ménages ont "augmenté à un rythme soutenu", tandis qu'il y a eu un affaiblissement des investissements des entreprises "et des exportations", un ajout de la Fed par rapport au texte de juillet, qui semble indiquer que les banquiers centraux se préoccupent davantage des conséquences du ralentissement de l'économie mondiale et de l'impact de la guerre commerciale.

Trump en remet une couche 

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que le président des Etats-Unis, Donald Trump, réagisse à la décision de la Fed, en critiquant le manque de cran et de vision de son président...

 

Pas de taux négatifs en cas de récession 

Dans la conférence de presse suivant la publication du communiqué de la Fed, Jerome Powell, le président de l'institution, a d'emblée insisté sur la panoplie d'instruments qui reste à sa disposition. 

Le patron de la Banque centrale américaine a tenté de rassurer les investisseurs en expliquant que les interventions d'urgence sur le marché de la dette à très court terme mardi et mercredi n'avaient d'incidence ni sur l'économie ni sur la politique monétaire. "Bien que ces problèmes soient importants pour le fonctionnement du marché et ses participants, elles n'ont aucune implication pour l'économie ou la politique monétaire", a ainsi signalé Jerome Powell.

Le président de la Fed a aussi indiqué la banque centrale pourrait reprendre ses achats de titres plus tôt que prévu. Il a toutefois écarté l'idée de recourir à des taux négatifs en cas de récession, "je ne pense pas que ceux-ci seront en tête de notre liste", a déclaré le président Powell tout en soulignant que la Fed se préparait à "être agressive s'il s'avère que c'est nécessaire". 

En fin de conférence de presse, Jerome Powell n'a pas manqué de glisser un petit mot à l'attention du président Trump, indiquant que "le moral à la Fed était au beau fixe, malgré les critiques de Donald Trump."

Wall Street s'interroge, le dollar progresse 

Immédiatement après la décision de la Fed, les principaux indices de la Bourse de New York ont accentué leur repli. En légère baisse juste avant l'annonce de la décision, le Dow Jones affichait ensuite un recul de 0,74% vers 20h30, heure belge, pour remonter à son niveau initial dans l'heure suivante. La tendance était identique pour le Nasdaq et le S&P 500. Le dollar prenait, lui, 0,39% face à la monnaie unique européenne, à 1,1031 dollar pour un euro, contre 0,07% peu avant la diffusion du communiqué.

 

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