La fin des rachats d'actifs de la BCE se précise

Comme on pouvait s'y attendre, la BCE a décidé de laisser ses principaux taux directeurs inchangés. L'institution a, par ailleurs, confirmé l'arrêt à la fin de l'année de son vaste programme de rachats nets de dette après une réduction progressive de son rythme.
  • Fin du live

    Merci de nous avoir suivis. Retrouvez après la fermeture des marchés européens notre analyse sur les annonces faites ce jeudi par la BCE.

  • Ce qu'il faut retenir

    Les taux ne bougeront pas avant un an

    La BCE a laissé sa politique monétaire inchangée, comme attendu, et a confirmé son intention d'arrêter ses achats de titres sur les marchés à la fin de l'année. Le président de l'institut monétaire, Mario Draghi, a répété vouloir relever ses taux à l'automne 2019 en dépit des incertitudes sur la croissance liées aux tensions commerciales "et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire".

    L'inflation au rendez-vous

    Avec le rebond de l'inflation et une stabilisation de la croissance à un rythme assez soutenu, la BCE a graduellement réduit la stimulation monétaire au cours des derniers mois. Elle reste confiante quant au fait que les risques allant du protectionnisme aux turbulences des marchés émergents en passant par le Brexit ne fassent pas dérailler une reprise de la zone euro désormais engagée dans sa sixième année.

    Le début de la fin pour le QE

    Les achats d'obligations sur les marchés, principal volet du programme d'assouplissement quantitatif (QE) à l’œuvre depuis 2015, seront ramenés de 30 milliards d'euros à 15 milliards en octobre, ce qui confirme le calendrier qui n'était auparavant que prévisionnel. Elle a ajouté que ces achats devraient cesser totalement après décembre, un arrêt qui devra encore faire l'objet d'une décision formelle. D

    Les prévisions de croissance revues à la baisse

    Lors de la traditionnelle conférence de presse à l'issue du Conseil des gouverneurs, le président Draghi a fait état d'une légère révision en baisse des prévisions de croissance pour la zone euro cette année et l'année prochaine en raison d'un affaiblissement de la demande extérieure. Il a toutefois estimé que "les risques entourant les perspectives de croissance de la zone euro pouvaient toujours être considérés comme équilibrés dans l'ensemble."

    En matière de croissance, la BCE table désormais sur une expansion de 2,0% seulement du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro cette année, contre 2,1% prévu en juin; pour 2019, elle a ramené sa prévision de 1,9% à 1,8%. La prévision pour 2020 est inchangée à 1,7%.

  • Le QE, un succès?

    "A quel moment un banquier central sait-il (ou elle) qu'il a fait un travail parfait? Quand il est mis fin à l'assouplissement quantitatif et que les marchés financiers ne semblent guère s'en soucier".
    Carsten Brzeski
    Economiste chez ING

    L'assouplissement quantitatif (QE) mené par la BCE pour venir en soutien à l'économie européenne a facilité le financement des entreprises, des ménages et des Etats de la zone euro, permettant à ces derniers d'économiser des milliards d'euros sur la charge de la dette.

    Parallèlement, la croissance s'est consolidée tandis que le taux d'inflation est remonté en zone euro, pour atteindre son plus haut à 2,1% en juillet en glissement annuel, poussée par la montée des prix de l'énergie, et de façon plus vertueuse, par un chômage au plus bas depuis neuf ans, à 8,2% depuis mai.

    La BCE, qui aura déversé au total environ 2.600 milliards d'euros de liquidités sur le marché entre mars 2015 et décembre 2018, se montre désormais confiante dans les chances de voir l'inflation converger vers son objectif.

  • Le dollar en repli

    Sur le marché des changes, le dollar s'est orienté à la baisse après l'annonce d'un ralentissement des prix à la consommation en août, à 2,7% seulement sur un an après 2,9% en juillet et alors que les analystes s'attendaient à une hausse de 2,8%. L'indice mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence recule de 0,34%.

    La baisse du dollar est plus marquée encore face à l'euro, qui profite des déclarations de Mario Draghi sur une accélération de l'inflation sous-jacente en fin d'année: la monnaie unique se rapproche de 1,17 dollar contre moins de 1,1620 avant les annonces de la BCE.

  • Les principaux extraits de la conférence de presse de Mario Draghi

    Sur l'inflation

    "L'incertitude entourant les perspectives d'inflation reflue."

    "Tout en restant mitigées dans l'ensemble, les mesures de l'inflation sous-jacente se sont redressées par rapport aux points bas antérieurs."

    "La solidité sous-jacente de l'économie continue de conforter notre confiance voulant que la convergence durable de l'inflation vers notre objectif se poursuivra et sera maintenue même après le ralentissement graduel de nos achats nets d'actifs."

    "Les informations nous parvenant, y compris les nouvelles projections des équipes de la BCE de septembre 2018, confirment notre évaluation précédente d'une reprise généralisée de l'économie de la zone euro et d'une augmentation graduelle de l'inflation."

    Sur la croissance européenne

    "Les risques entourant les perspectives de croissance de la zone euro peuvent toujours être évalués comme étant globalement équilibrés."

    "Une stimulation significative par la politique monétaire reste nécessaire pour conforter l'accumulation des pressions sur les prix domestiques et l'évolution de l'inflation publiée à moyen terme."

    Sur la guerre commerciale

    "Les incertitudes liées à la montée du protectionnisme, les vulnérabilités des marchés émergents et la volatilité des marchés financiers ont gagné en importance récemment."

    Sur l'Italie, l'Argentine et la Turquie 

    "Il y a eu des paroles et les paroles ont changé au cours des derniers mois (avec le gouvernement italien). Nous avons eu les paroles et maintenant nous attendons les actes. Et l'acte le plus important est le projet de loi de Finances et le débat parlementaire qui l'accompagne."

    "L'augmentation des incertitudes dans certains marchés émergents est certainement un facteur qui ajoute à l'incertitude générale dans les marchés mondiaux. Mais une fois que l'on a dit cela; de plus, jusqu'à présent, la contagion de la Turquie et de l'Argentine à d'autres pays n'a pas été considérable."
     

    Mario Draghi, le président de la BCE ©AFP


  • La BCE abaisse sa prévision de croissance pour 2018 et 2019

    La Banque centrale européenne a légèrement abaissé jeudi sa prévision de croissance pour 2018 et 2019 en zone euro, à 2,0% contre 2,1% et à 1,8% contre 1,9% respectivement, a annoncé son président Mario Draghi.

    L'institution monétaire, qui a cependant maintenu à 1,7% ses prévisions d'inflation pour cette année et les deux suivantes, intègre ainsi le coup de froid enregistré sur la conjoncture dans un contexte commercial international toujours tendu.

  • La BCE reste sereine face aux risques pesant sur l'économie

    La Banque centrale européenne continue à juger "globalement équilibrés" les risques pesant sur la conjoncture en zone euro, une marque de sérénité malgré des incertitudes économiques "croissantes", a déclaré jeudi son président Mario Draghi.

    L'institution de Francfort n'a ainsi pas estimé bon de durcir le ton malgré l'enlisement du conflit commercial entre Washington et ses partenaires, la crise des devises menaçant les pays émergents et les inquiétudes autour de la dette italienne.

  • La BCE maintient ses taux directeurs au plus bas

    La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi ses taux directeurs au plus bas et compte laisser ce niveau inchangé "au moins au long de l'été 2019". Le principal taux de refinancement a été maintenu à zéro.

    Comme annoncé en juin, les rachats nets de dette publique et privée, lancés en 2015 pour soutenir l'économie, passeront à partir d'octobre de 30 à 15 milliards d'euros par mois avant de s'arrêter fin décembre, pour peu que les prochaines données économiques "confirment les perspectives d'inflation à moyen terme" de l'institut.

    Le stock des obligations d'Etat et d'entreprises, qui approchera les 2.600 milliards d'euros à fin décembre, sera maintenu pour éviter un durcissement trop précoce des conditions financières. 

    Les marchés sont désormais très attentifs à tout signal de Mario Draghi sur les détails pratiques de ces réinvestissements, qui devraient s'effectuer selon le poids de chaque pays membre dans le capital de la BCE. Le suspense demeure sur le moment où la BCE relèvera ses taux d'intérêt pour la première fois depuis 2011, alors que ce calendrier divise les membres de son conseil des gouverneurs.

  • Le communiqué de la BCE

    Lors de la réunion qui s’est tenue ce jour, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé que le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,00 %, 0,25 % et -0,40 %.

    Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d’intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels au moins jusqu’à l’été 2019 et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l’inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme.

    S’agissant des mesures non conventionnelles de politique monétaire, le Conseil des gouverneurs continuera de procéder à des achats nets dans le cadre du programme d’achats d’actifs (asset purchase programme, APP) au rythme mensuel actuel de 30 milliards d’euros jusqu’à la fin du mois. Après septembre 2018, le Conseil des gouverneurs réduira, jusque fin décembre 2018, le rythme mensuel des achats nets d’actifs à 15 milliards d’euros et prévoit que, si les données lui parvenant confirment ses perspectives d’inflation à moyen terme, les achats nets arriveront alors à leur terme.

    Le Conseil des gouverneurs entend procéder au réinvestissement des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre de l’APP pendant une période prolongée après la fin des achats nets d’actifs et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire.

  • La banque centrale est dans une phase de changement de politique lente et compte tenu du taux d'inflation toujours relativement bas, une politique monétaire assouplie reste nécessaire et nous n'attendons aucune surprise aujourd'hui.
    Milan Cutkovic
    Analyste chez CMC Markets

  • Décision de la BCE à 13h45

    Comme à l'accoutumée, la BCE publiera un communiqué de presse à 13h45 sur ses décisions en matière de politique monétaire. A 14h30, son président, Mario Draghi, tiendra sa conférence de presse habituelle.

  • La BCE à nouveau sur le pont ce jeudi

    La Banque centrale européenne (BCE) tient sa réunion de politique monétaire ce jeudi. Pas de bouleversement significatif à attendre. La conférence de presse qui suivra cette rencontre sera néanmoins suivie pour les éventuels changements de langage et une actualisation des projections macroéconomiques de l'institut monétaire.

    "Dans l'ensemble, nous pensons que la BCE optera pour un mode attentiste et tentera d'éviter un changement dans les attentes au niveau de sa politique monétaire", indique Aline Schuiling, senior economist chez ABN Amro. La BCE pourrait confirmer son anticipation d'une réduction de moitié des rachats obligataires mensuels à 15 milliards d'euros à compter d'octobre, tout en continuant de dire qu'elle prévoit de cesser les rachats d'actifs d'ici à la fin de 2018.

    ©REUTERS

    Lors de sa dernière réunion du 26 juillet, Mario Draghi, le président de la BCE, avait indiqué que l'institution toucherait à ses taux d'intérêt "au plus tôt d'ici la fin de l'été 2019". Est-ce à dire que ce sera en août de l'année prochaine, ou seulement en septembre, voire plus tard encore?  On peut penser que lors de la conférence qui aura lieu après la réunion, Draghi sera prié d'être un peu plus explicite sur ce point.

    Le risque italien, les tensions commerciales, les incertitudes sur le Brexit et le tassement de l'activité en zone euro devraient pousser la BCE à garder un ton relativement accommodant. "Et avec une BCE de ce ton-là, nous ne nous attendons pas à un communiqué susceptible de faire monter l'euro à court terme", entrevoient les stratèges d'UBS. 

    La BCE présentera de nouvelles prévisions à l'horizon 2020. "De légères révisions à la baisse sont possibles, mais la dynamique de croissance se stabilise à un niveau décent et les salaires s'accélèrent", affirme Marco Valli, économiste chez Unicredit. "De quoi convaincre la BCE qu'elle finira par atteindre son objectif d'inflation proche de 2%". Elle a été de 2% le mois passé. Toutefois, l'inflation de base, celle corrigée des éléments les plus instables et qui est l'indicateur principalement surveillé par la BCE, avait reculé d'un dixième de point en août, pour revenir à 1,2%.

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