La Grèce en avance sur son plan de sortie de crise

Le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou.

Les signaux traduisant une amélioration de la situation budgétaire du pays se multiplient.

Un peu moins de 9%. C’est le rendement qu’a atteint l’obligation gouvernementale grecque à dix ans mardi, ce qui confirme le retour progressif de la confiance des marchés à l’égard de la Grèce. Depuis la fin du mois de septembre, les investisseurs semblent reprendre goût à l’achat de titres de dette des pays dits "périphériques" de la zone euro. La Grèce mais aussi l’Irlande, l’Espagne et le Portugal, en pleine tourmente au printemps à cause de leurs finances publiques mal en point, voient à présent leurs taux d’intérêt à dix ans se détendre sensiblement.

Des taux en baisse signifient que les marchés sont de moins en moins exigeants à l’égard de ces pays lorsqu’ils veulent se refinancer. Ce qui signifie qu’ils présentent un risque de moins en moins élevé. Autrement dit: les prêteurs croient de plus en plus à la capacité de ces États de rembourser leurs dettes. L’amélioration est clairement perceptible depuis la fin du mois dernier pour l’Irlande, le Portugal et l’Espagne. Par rapport au rendement du Bund allemand, référence du marché, les obligations gouvernementales de ces trois pays ont vu leur taux d’intérêt se tasser au cours des quinze derniers jours. L’écart ("spread") entre les rendements irlandais et allemand est passé de 450 points le 28 septembre à environ 400 points à présent. Le "spread" portugais est quant à lui de 390 points, contre 425 points le 28& septembre. Enfin, l’obligation espagnole a vu son "spread" tomber à 175 points, après avoir atteint quasiment 200 points le 29 septembre.

L’amélioration de la situation de l’obligation grecque est encore plus nette. Le rendement inférieur à 9 % enregistré hier signifie que l’écart par rapport au Bund allemand est tombé à 675 points, alors qu’il était encore d’environ 900 points il y a un mois, de 950 points le 8 septembre et même de 963 points (un record) le 7 mai!

Délais en discussion

Le redressement plus rapide que prévu des finances publiques grecques n’est pas étranger à cette évolution. Mardi, Athènes a annoncé que pour la période s’étalant de janvier à septembre 2010, son déficit public avait été réduit de 31,1% par rapport à la même période de l’année dernière, alors que le plan d’austérité avalisé par la Commission européenne prévoyait une réduction de 26,9%. La Grèce est donc en avance sur son programme de redressement.

Le pays en profite pour discuter avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne d’un éventuel allongement au-delà de 2015 du délai de remboursement du prêt de 110 milliards d’euros que ceux-ci lui avaient octroyé au printemps, alors que la Grèce était incapable de se refinancer sur les marchés à cause des taux d’intérêts exorbitants demandés. Pour rappel, l’obligation grecque à dix ans avait vu son rendement toucher un sommet de 12,4% le 7 mai 2010.

Selon le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, cela n’équivaudrait pas à une restructuration de la dette, qu’il continue à exclure. Par ailleurs, a-t-il dit dans un entretien à la télé grecque Skaï, "le débat (avec l’Union européenne et le FMI, ndlr) est mené informellement, sans qu’aucune décision n’ait été prise". Ceci confirme les propos que Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, avait tenus le week-end dernier.

L’Allemagne s’est rapidement opposée à toute prolongation du délai de remboursement de la Grèce et, dans la foulée, la Commission européenne a quant à elle indiqué qu’une telle prolongation n’était pas d’actualité. Elle aurait pourtant soulagé Athènes, qui s’attend à des années difficiles au point de vue de ses remboursements d’emprunts d’ici 2015.

Émission réussie

Quoi qu’il en soit, mardi, la Grèce a réussi son émission de bons du Trésor à six mois pour un montant de 1,17 milliard d’euros à un taux de 4,54%. La demande a été plus de quatre fois supérieure à l’offre. Un nouveau signe d’amélioration de la confiance des marchés à l’égard de la dette hellénique, après les achats de titres grecs par le fonds public norvégien (10 septembre), l’annonce de la Chine de son intention d’acheter des obligations helléniques quand la Grèce reviendra sur les marchés (2 octobre) et les commentaires positifs de l’agence Moody’s, "impressionnée" par l’amélioration des finances publiques grecques (5 octobre). Reste à voir si le gouvernement grec parviendra, comme il l’espère, à se refinancer en revenant sur le marché de la dette à long terme l’an prochain.

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