analyse

La hausse des taux au cœur de l'attention

Pour Powell, la récente montée des taux est la conséquence d'anticipations de conditions économiques "plus normales". ©REUTERS

Pour Jerome Powell, la hausse des taux est une marque de confiance à l'égard de la croissance attendue. Le taux belge à dix ans est au plus haut depuis juillet.

Les banquiers centraux tiennent la hausse des taux d'intérêt à l'œil. Après Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), qui avait déclaré lundi que la BCE "suivait de près l'évolution des rendements des obligations", Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed), a lui aussi commenté la récente montée des taux mardi, lors d'une audition au Congrès des États-Unis.

"La hausse des prix attendue ne signalera pas vraiment quelque chose."
Jerome Powell
Président de la Fed

Selon lui, cette évolution est la conséquence d'anticipations de conditions économiques "plus normales". C'est une "déclaration de confiance", en quelque sorte, de la part des investisseurs, a déclaré le banquier central américain, qui a également évoqué l'inflation, dont la hausse explique aussi la récente progression des rendements. Selon Jerome Powell, les hausses de prix anticipées en mars et avril seront surtout dues à un effet de comparaison avec les prix déprimés de l'an dernier lors des premières mesures de confinement. "Cela ne signalera pas vraiment quelque chose", a jugé le patron de la Fed.

Turbulences sur les marchés

Au sujet d'un regain d'inflation ultérieur soutenu par les effets de la vaccination sur l'économie, Jay Powell estime qu'"il ne semble pas que cela provoquerait de très fortes hausses ou que cela serait persistant". Il a écarté l'idée d'un possible dérapage des prix comparable à celui des années 1970.

1,39%
Taux américain à 10 ans
Le taux d'intérêt des obligations gouvernementales des États-Unis, référence du marché, a grimpé de près de 0,9 point de pourcentage en six mois, pour atteindre 1,39% mardi.

Mais sur le marché obligataire, le taux des Treasuries (obligations gouvernementales américaines à dix ans), référence pour les investisseurs, a atteint 1,39% mardi en cours de séance. Au milieu de l'été dernier, il était tombé à 0,51%. En six mois, il y a donc eu une tension de près de 0,9 point de pourcentage, ce qui change la donne. Quand le taux de ces actifs sans risque (un défaut de remboursement des États-Unis est considéré comme improbable) monte fortement, les actifs plus risqués deviennent comparativement moins attrayants. Cela explique les récentes turbulences sur les marchés d'actions, où les valeurs technologiques, dont la valorisation était fort élevée, ont trébuché.

"De meilleures perspectives"

En Europe aussi, les taux ont progressé, mais plus tardivement et moins nettement. Le taux allemand à dix ans, référence de la zone euro, a atteint -0,30% mardi. Il avait touché un plancher à -0,64% début novembre. Le taux belge à dix ans est quant à lui revenu à -0,08% mardi, son plus haut niveau depuis début juillet 2020. Il avait touché un plus bas de -0,44% début décembre. En se basant sur une autre obligation belge, qui arrive à maturité en octobre 2031, on peut même considérer que ce taux de référence du marché belge est d'ores et déjà revenu au-dessus de 0%.

"Nous ne devrions pas sous-estimer les défis auxquels nous faisons face actuellement."
Jerome Powell
Président de la Fed

La montée des rendements pourrait être problématique pour les États parce que ces derniers se sont lourdement endettés pour contrer les effets de la pandémie sur l'économie. Cela tracasse aussi les banquiers centraux, car des taux plus élevés conduisent à épargner au lieu d'investir, ce qui pourrait nuire à la croissance économique.

Or, grâce aux mesures budgétaires adoptées notamment aux États-Unis, cette croissance est appelée à accélérer, ce qui est également à l'origine de la montée récente des taux. Sur ces perspectives économiques, Jerome Powell est resté prudent: "Bien que nous ne devrions pas sous-estimer les défis auxquels nous faisons face actuellement, les développements tendent vers de meilleures perspectives pour plus tard dans le courant de cette année." Selon lui, le PIB (produit intérieur brut) des États-Unis devrait revenir à son niveau d'avant la pandémie avant la moitié de 2021.

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