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La livre turque plonge après les propos de Biden sur le génocide arménien

Les tensions entre Ankara et Washington ont fait plonger la livre turque. ©EPA

Les nouvelles tensions entre la Turquie et les États-Unis ont fait plonger ce lundi la livre turque à un niveau historiquement bas.

"Les Américains rendent hommage à tous les Arméniens morts lors du génocide qui a commencé il y a 106 ans." Cette déclaration du président américain Joe Biden a relancé les tensions entre la Turquie et les États-Unis. Entre 1915 et 1917, 1 million d’Arméniens ont été assassinés dans l’Empire Ottoman, l’ancienne Turquie.

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Le cours de la livre en euro est tombé à son plus bas niveau jamais atteint.

Comme il fallait s'y attendre, la Turquie a réagi avec colère à cette reconnaissance du génocide par le président américain. Les autorités turques ont convoqué l'ambassadeur américain.

Ce nouveau conflit qui oppose Ankara et Washington a fait plonger la livre turque. Ce lundi matin, la devise a atteint un cours de 10,2756 livres pour un euro, le plus bas niveau jamais atteint. Elle s'est ensuite reprise.

Malgré cette remontée, la devise turque a perdu 9% de sa valeur depuis le début de l'année, ce qui représente la pire performance parmi toutes les devises importantes. Cette forte baisse est due aux tensions qui opposent depuis longtemps les deux pays, mais surtout au manque de confiance des marchés envers la politique monétaire de la Banque centrale turque.

Mission (quasi) impossible

En mars, la livre turque avait déjà subi un revers important suite à la décision du président Recep Tayyip Erdogan de limoger le gouverneur de la Banque centrale, Naci Agbal. Quelques semaines auparavant, Agbal avait fait passer le taux de base de la banque centrale de 17 à 19% pour contrôler l'inflation. Avant sa nomination, le nouveau gouverneur Sahap Kavcioglu plaidait pour une baisse des taux, mais il a décidé de maintenir provisoirement le taux directeur à 19%.

Il est de notoriété publique qu'Erdogan défend une politique de taux bas. Le président croit qu'un taux bas permet de réduire l'inflation, contrairement à ce que disent les économistes. Vu que le président est une sorte de belle-mère de la politique monétaire, le travail de gouverneur de la Banque centrale turque fait partie des jobs les plus difficiles au monde. Le pays fait aujourd'hui face à une inflation élevée (16%), qui s'explique en partie par la baisse de la livre.

Le président turc Erdogan croit qu'un taux bas permet de réduire l'inflation, contrairement à ce que disent les économistes.

La livre est une devise fragile. La Turquie fait face à un déficit important du compte courant de la balance des paiements et dépend de ce fait des capitaux étrangers. La confiance des investisseurs étrangers est donc cruciale pour la stabilisation ou la remontée du cours de la livre turque. C'est pourquoi la nouvelle querelle entre la Turquie et les États-Unis est une mauvaise nouvelle pour la livre.

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