La Loterie nationale en bourse? "Un beau dossier pour l'investisseur belge", selon son patron

Bruno Le Maire, ministre français de l'Economie et des Finance, Stéphane Pallez, PDG de la Française Des Jeux, et Stéphane Boujnah, directeur général et président du directoire d'Euronext, ont sonné la cloche pour célébrer l'introduction en Bourse de la Française Des Jeux. ©Euronext

L’IPO de la Française des jeux attire l’attention sur le secteur du jeu. Une introduction en bourse de la Loterie nationale belge constituerait un "beau dossier pour l’investisseur belge", selon son patron, Jannie Haek. Mais pour le ministre Clarinval, l’opération n’est "pas à l’ordre du jour".

L’entrée en bourse tonitruante de la Française des Jeux (FDJ), dont l’action a bondi de 16,41% en clôture sur Euronext Paris, a braqué les projecteurs sur le secteur des sociétés cotées actives dans les jeux de hasard et a relancé l’hypothèse d’une opération similaire en Belgique. Mais une entrée en bourse de la Loterie nationale "n’est pas à l’ordre du jour", dit le ministre David Clarinval (MR). Le patron de la Loterie nationale Jannie Haek estime toutefois, de son côté, qu’il s’agirait d’un "beau dossier pour l’investisseur belge".

Une société de jeux n'est pas l'autre

Au cours des douze derniers mois, le secteur du jeu a dégagé une progression globale de 16% en bourse. Mais les performances sont très variées. Par exemple, l’action de l’américain Scientific Games s’est envolée de plus de 80% en un an, tandis que le titre de l’allemand Lotto24 a grimpé de 13%. D’autres actions ont baissé durant l’année écoulée, comme celle du grec Intralot, qui a perdu un tiers de sa valeur.

Pourquoi ne pas laisser le citoyen participer à la privatisation (partielle) d'entreprises qui ne doivent pas nécessairement être entre les mains de l'Etat?
Vincent Van Dessel
Président d'Euronext Bruxelles

Ces grands écarts résultent des profils très variés dans ce secteur. Des entreprises comme la FDJ ou Lotto24, qui proposent des jeux sous licence de l’État (français et allemand, respectivement) bénéficient de leur position monopolistique, tandis que d’autres acteurs spécialisés dans certains segments des jeux et paris se livrent une concurrence féroce.

Le secteur du jeu de hasard se heurte aussi à la forte pression réglementaire, sans compter le risque d’une fiscalité plus sévère. Certains segments s’en sortent mieux, comme celui des paris sportifs, soutenu par la croissance économique et les tendances démographiques (des personnes plus ouvertes aux jeux et paris arrivent à un âge où ils ont les moyens de jouer).

Mais l’endettement des sociétés de jeux et paris est plus élevé que la moyenne et leurs cours de bourse sont à des niveaux historiquement élevés, ce qui pose question sur leur valorisation. Y investir suppose donc une prise de risque qui s’apparente de plus en plus à… un pari.

Une IPO de la Loterie "n'est pas à l'ordre du jour"

La rente de monopole de la Loterie permet à l’Etat de dégager une recette utile à ses politiques.
David Clarinval
Ministre en charge de la Loterie nationale

L’IPO (initial public offering) de la Française des Jeux a aussi relancé, en Belgique, la question de la possibilité de mettre en bourse (une partie de) la Loterie nationale. Ce jeudi, Vincent Van Dessel, le président de la Bourse de Bruxelles, s’est demandé si la privatisation de la FDJ ne pourrait pas être une "inspiration pour notre pays". "Pourquoi ne pas laisser le citoyen participer à la privatisation (partielle) d’entreprises qui ne doivent pas nécessairement être entre les mains de l’État?", s’est-il interrogé.

Jannie Haek, le patron de la Loterie nationale, plaide aussi pour une introduction en bourse de l’entreprise. Il rappelle que le dossier avait été présenté il y a trois ans à une banque d’affaires.

Contacté par nos soins, le ministre en charge de la Loterie nationale David Clarinval botte, lui, en touche: "Ce n’est pas à l’ordre du jour, particulièrement en affaires courantes. Qui plus est, il nous paraît falloir rester prudent en la matière pour trois grandes raisons. Un: le rôle de canalisation du jeu et de sa pratique responsable sur lesquels l’État peut peser en conservant son monopole. Deux: le rôle social très important que les bénéfices dégagés par la Loterie permettent de jouer au bénéfice de toute une série d’associations pour lesquelles les subsides reçus jouent souvent un rôle vital. Et puis trois: la rente de monopole qui permet également à l’État de dégager une recette utile à ses politiques au bénéfice des citoyens."

La réponse d'Alexander De Croo
"Le CEO peut bien vouloir, mais le propriétaire décide"

Le vice-premier ministre Alexander De Croo a répondu à notre interview de Jannie Haek: "Le CEO peut bien vouloir, mais en tant que gouvernement, nous sommes le propriétaire. Et c'est au propriétaire de décider ce qu'il compte faire de l'entreprise." Et selon lui, une réflexion sur l'avenir de la Loterie Nationale est intéressante mais ne relève pas d'une extrême urgence. (Belga)

 



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