La mort du président de Samsung attise les convoitises

Lee Kun-Hee (deuxième personne à gauche) est parvenu à classer l’une des filiales du groupe, Samsung Electronics, parmi les 100 plus grandes entreprises du monde. ©via REUTERS

L'homme qui a porté Samsung au rang de champion technologique mondial s'en est allé dimanche. La succession de Lee Kun-Hee, plus riche citoyen de Corée du Sud, fait déjà des vagues à la Bourse de Séoul.

Une page se tourne en Corée du Sud avec la mort du plus grand capitaine d'industrie du pays. Hospitalisé depuis six ans après une crise cardiaque, le patron de Samsung Lee Kun-Hee est décédé dimanche à 78 ans.

375
milliards de dollars
Lee Kun-Hee a repris les commandes de l'entreprise familiale de son père Lee Byung-Chull pour la transformer en un colosse industriel valorisé à quelque 375 milliards de dollars.

Spéculations sur l'héritage

Avec Lee Kun-Hee à sa tête depuis la fin des années 1980, le fabricant familial de télévisions est devenu en quarante ans un empire technologique. Samsung est actuellement l'entreprise technologique qui génère le plus de revenus au monde. Sa capacité à se renouveler en a même fait le seul concurrent capable de tenir tête à Apple sur le marché des smartphones.

"Son héritage sera éternel", précise le communiqué de Samsung qui intronise officiellement le fils du défunt à la présidence du groupe.

Mais son "héritage" sera également compliqué, voire coûteux, à redistribuer à ses ayants droit. Lee était l'homme le plus riche de Corée du Sud avec une fortune dépassant les 20 milliards de dollars.

De quoi alimenter l'intérêt des investisseurs sur une possible restructuration de Samsung et le sort des parts de Lee dans plusieurs entreprises du groupe, dont le joyau Samsung Electronics.

Si l'action Samsung Electronics (+0,33%) n'a pas beaucoup bougé ce lundi, celles des autres filiales du conglomérat étaient très recherchées par les investisseurs sud-coréens. Samsung C&T spécialisée dans la construction et Samsung life insurance ont bondi de 13,5%. L'héritier de Lee détient 17,3% et 20,76% de ces deux entreprises et la cote parie sur des cessions d'actifs ou une augmentation du dividende de l'une ou l'autre filiale.

Très chère succession

La Corée du Sud est le deuxième pays au monde qui impose le plus lourdement les successions, ce qui fait dire à l'analyste Kim Dong-Yang "que les membres de la famille pourraient n’avoir pas d’autre choix que de vendre des participations dans certaines entreprises non essentielles comme Samsung Life".

D'autres voix spéculent sur "une augmentation des dividendes pour couvrir un impôt sur les successions aussi", comme l'indique l'analyste de KB Securities, Jeong Dong-Ik. Ce dernier ne voit toutefois pas poindre à l'horizon des mouvements brutaux dans l'empire Samsung.

Et pour cause, l'héritier Jay Y. Lee, qui contrôle de facto le conglomérat depuis 2014, a d'autres chats à fouetter. Il a été emprisonné pour son rôle dans un scandale de corruption ayant provoqué la destitution de l'ancienne présidente sud-coréenne. L'affaire n'est pas finie. Il doit à nouveau être à nouveau jugé alors qu'une autre procédure est en cours pour fraude comptable présumée et manipulation des cours des actions.

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