La parité euro-dollar n'est plus exclue

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L'euro en route vers la parité face au dollar? On dirait bien mais tous les experts ne partagent toutefois pas ce point de vue. Certains voient l’euro plutôt s’apprécier dans les mois à venir.

Il y a belle lurette que la monnaie européenne n’avait plus accumulé autant de journées négatives d’affilée face au dollar. Pas moins de huit jusqu’à hier. En outre, avec une valeur qui fait mine de revenir à ses plus bas niveaux de ces quatorze dernières années (1,0496 dollar en mars 2015), la question de la parité de l’euro avec le dollar revient du coup de plus belle sur le tapis.

"La divergence est de retour"

Il n’y a pas dix jours d’ici, moins d’un trader sur quatre sur les marchés des changes estimait possible que l’euro tombe à 1 dollar (contre 1,07 hier soir). Ils sont aujourd’hui presque deux fois plus nombreux à se ranger à cette perspective selon des données compilées par Bloomberg. Que s’est-il passé pour que l’on assiste à tel revirement?

C’est que, comme le souligne George Saravelos, stratégiste auprès de Deutsche Bank dans une note fraîchement publiée, "la victoire de Donald Trump a modifié la donne". Le projet du nouveau président américain de booster les dépenses publiques et de réduire les impôts alimente l’idée selon laquelle une accélération de la croissance économique ferait pression sur la Réserve fédérale américaine (Fed) pour qu’elle relève plus rapidement ses taux directeurs.

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Cette perspective incite du coup les investisseurs à se tourner davantage vers le dollar, appelé à être plus rémunérateur encore que l’euro. La monnaie européenne restera, elle, désavantagée par une politique de taux appelés à coller au plancher un certain temps encore en Europe.

"En termes de parité de pouvoir d’achat, le taux de change de l’euro-dollar devrait être de 1,25."
Mark Häfele UBS Wealth Management

"Du fait du retour de la divergence" entre les politiques monétaires américaine et européenne, le stratégiste de la Deutsche Bank voit l’euro baisser à 1,05 dollar d’ici la fin de cette année et à 0,95 dollar d’ici un an. Une perspective plutôt sombre en regard de la prévision médiane établie à l’issue d’une enquête menée par Bloomberg et qui voit l’euro à 1,11 dollar à la fin de 2017.

Tranchant nettement avec l’avis de Saravelos, le directeur des investissements d’UBS Wealth Management, Mark Häfele, qui s’exprimait mardi à l’occasion d’un Reuters Summit, estime que la devise américaine n’arrivera pas à conserver les gains engrangés depuis la victoire de Donald Trump et que l’euro s’appréciera en 2017. "Le risque politique (européen) est en grande partie déjà intégré dans les prix", a-t-il expliqué, soulignant qu’"en termes de parité de pouvoir d’achat, le taux de change de l’euro-dollar devrait être de 1,25".

Le resserrement de politique monétaire de la Fed pourrait être moins marqué qu’anticipé par le marché, et la BCE pourrait être confrontée à la nécessité de réduire ses achats d’obligations en cas de remontée de l’inflation, a encore dit Häfele.

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