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La partie n'est pas (encore) gagnée

L'économie va mieux en Chine et en Europe, mais...

La Chine est le premier grand pays à renouer avec des chiffres trimestriels de croissance positifs depuis le déclenchement de l’épidémie. C’est plutôt une bonne nouvelle. Le Produit intérieur brut (PIB) a rebondi de 3,2% au deuxième trimestre après une chute historique de près de 7% au premier. Paradoxalement, les marchés boursiers chinois n’ont pas apprécié. Ils s’inquiètent de la faiblesse de la consommation et surtout de la volonté des autorités chinoises de calmer la spéculation boursière.  Et puis, Pékin scrute aussi la tenue de ses grands marchés d’exportation. Les États-Unis restent dangereusement confrontés au Covid-19. Et si en Europe, les chiffres sont moins inquiétants, il n’en reste pas moins que la crainte d’une deuxième vague du virus hante désormais tous les esprits.

Un échec lors du Sommet européen sur le plan de relance constituerait un très mauvais signal.

Jeudi, lors de la dernière réunion de politique monétaire de la BCE avant les vacances, Christine Lagarde a évoqué l'amorce d'une reprise économique européenne, tout en parlant d'un futur encore très incertain. Le rendez-vous crucial pour l'Europe est surtout programmé ces vendredi et samedi. Un échec lors du Sommet européen sur le plan de relance constituerait un très mauvais signal. Il briserait le momentum plus positif de ces dernières semaines.

D'autant que certains nuages s'annoncent déjà à l'horizon à la rentrée. Pour le troisième trimestre, les banques interrogées par la BCE s'attendent à un resserrement des conditions de crédit aux entreprises. Ceci alors que les régimes de prêts garantis par les Etats vont arriver à terme dans différents pays de la zone euro. On peut rappeler ici que les banques sont payées aujourd'hui par la BCE lorsqu'elles effectuent des prêts aux entreprises.

Elles peuvent obtenir de Francfort des prêts facturés à un taux négatif jusqu'à -1,0%. Mais en dépit de cette "subsidiation" et des garanties (partielles) de l'État, on entend ci et là des réticences bancaires à ouvrir trop largement les cordons de la bourse afin d'éviter des pertes de crédit. Or, un resserrement trop abrupt des conditions de crédit risque bel et bien de saper la reprise. De la même manière, une levée trop brutale des mesures de chômage temporaire pourrait précipiter à terme des vagues de licenciement. Non, la partie n'est pas encore gagnée.

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