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La peur du "double dip"

Chroniqueur, newsmanager

Les marchés redoutent un nouveau plongeon de l'économie.

Les voyants sont au rouge : le nombre d’hospitalisations et de décès ne fait que croître jour après jour. Dans la foulée, les mesures de confinement deviennent plus strictes un peu partout en Europe. Conséquence logique: les marchés boursiers prennent peur. Ils redoutent le fameux "double dip", le double creux économique qui coïnciderait avec cette seconde vague du Covid-19.

Ce jeudi, la Banque nationale de Belgique va publier son estimation de la croissance pour le troisième trimestre 2020. Le produit intérieur brut devrait avoir nettement rebondi après les chiffres catastrophiques du premier trimestre (-3,5%) et surtout du deuxième (-12%). La tendance devrait être similaire pour la zone euro. Mais les marchés se montrent déjà inquiets pour le quatrième trimestre en cours, évoquant une nouvelle plongée des chiffres du PIB.

Les marchés craignent une nouvelle plongée du PIB après les meilleurs chiffres du troisième trimestre.

À cet égard, l’avertissement en début de semaine de la société allemande SAP constitue un bien mauvais présage. Ce géant du software a revu ses perspectives à la baisse, soulignant que les entreprises investissent nettement moins dans le contexte d’incertitude actuel. L’action – une des trop rares vedettes technologiques européennes – a chuté de 22% lundi, témoignant de la nervosité ambiante. Même la promesse d’un développement accéléré dans les activités de "cloud computing", considérées comme le secteur en vogue, n’a pas suffi à rassurer le marché.

Un "double dip" constituerait également un nouveau coup dur pour les banques européennes dont certaines plient déjà sous le poids des créances douteuses. Andrea Enria, le président du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne, n’hésite pas à évoquer, dans le pire des scénarios, le montant astronomique de 1.400 milliards d'euros de pertes sur les crédits, soit davantage que lors de la  crise financière précédente. Il en appelle à la création d'une "bad bank" européenne où seraient logés les mauvais crédits. Des propos qui témoignent de la préoccupation grandissante des autorités financières.

Si ce n'était pas suffisant, les marchés sont aussi confrontés à l'imminence des élections présidentielles américaines ainsi qu'à l'issue, tout aussi incertaine, des négociations sur le Brexit. Dans ce contexte, tous les regards se tournent une nouvelle fois vers les banques centrales. La BCE, qui se réunit ce jeudi, n'a d'autre choix que d'afficher de manière déterminée sa volonté de soutenir l'économie européenne. Une façon d'apaiser les tensions sur les marchés. Une façon aussi de gagner du temps en attendant l'arrivée d'un vaccin.

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