La possible levée des brevets fait vaciller les actions "vaccins"

Les groupes pharmaceutiques affirment que renoncer à la manne financière que représentent les brevets aura un impact financier important pour la recherche et l'innovation. ©REUTERS

Les titres des fabricants de vaccins réagissent mal à la proposition américaine d'une renonciation des droits intellectuels pour leurs produits. BioNTech a bu la tasse.

Coup de frein sur les marchés pour les groupes pharmaceutiques lancés depuis plus d'un an dans la course au vaccin anti-Covid. En cause, le souhait de l'administration Biden de supprimer les protections de propriété intellectuelle pour les vaccins.

Actuellement, ce sont surtout les laboratoires américains qui détiennent ces fameux brevets.

Ce geste serait une bonne nouvelle dans la course à la vaccination au niveau mondial. Mais "cela pourrait clairement réduire les gains potentiels que certaines de ces entreprises espéraient tirer de la concession de licences pour leurs brevets", estime Neil Wilson, analyste chez Markets.

BioNTech, victime collatérale

Actuellement, ce sont surtout les laboratoires américains qui détiennent ces fameux brevets. Renoncer à cette manne financière aura, selon eux, un impact financier important pour la recherche et l'innovation. Une perspective qui a fait fuir les investisseurs aux quatre coins du monde.

En Europe, par exemple, le partenaire du groupe américain Pfizer, l'allemand BioNTech , a démarré la séance de ce jeudi sur une dégringolade de 20% avant de réduire sa perte à 13,16% en clôture. L'action BioNtech avait gonflé de 128% depuis le 1er janvier de cette année et de près de 350% depuis le début 2020.

Des vagues jusqu'en Asie

Mercredi soir, alors que la ministre américaine de tutelle expliquait son projet (en pleine séance à Wall Street), la cotation américaine de BioNTech a aussi vu rouge. Idem pour ses concurrents Moderna et Novavax , dont le vaccin est encore à l'étude.

"La mutation du virus l'a montré, des recherches et des innovations continues seront nécessaires et devraient fournir à ces entreprises des bénéfices futurs."
Olivier d'Assier
Analyste - Qontigo

Ce jeudi, à l'ouverture des marchés US, la tendance au rouge se confirmait. Pfizer , qui avait stagné la veille à la Bourse de New York, perdait ainsi près de 2% à mi-séance. Le groupe avait sérieusement revu à la hausse ses prévisions de ventes pour son vaccin en 2021, visant désormais les 26 milliards de dollars, contre 15 milliards de dollars précédemment anticipés.

En Asie, aussi, l'annonce a fait des vagues. Shanghai Fosun Pharma , qui détient les droits pour le vaccin de BioNTech en Chine, a plongé de 14%, alors que l'action a triplé de taille depuis le début de la crise sanitaire.

"Impact de courte durée et peut-être limité"

Si les investisseurs particuliers et les fédérations sectorielles ont réagi nerveusement à la proposition américaine, les analystes du secteur pharma se montrent plus sereins, arguant que rien n'a encore été signé.

La décision américaine "n'est probablement pas une bonne nouvelle pour les fabricants de vaccins qui devront désormais faire face à des copies génériques de leur vaccin, mais comme la mutation du virus l'a montré, des recherches et des innovations continues seront nécessaires et devraient fournir à ces entreprises des bénéfices futurs", tempère Olivier d'Assier de Qontigo. Il s'attend ainsi "à ce que l'impact soit de courte durée et peut-être limité".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés