Une réforme financière incomplète

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Vitor Constancio, vice-président de la BCE, a constaté que la réforme financière s'est concentrée sur les banques, mais a peu touché le système bancaire parallèle, qui s'est développé depuis la crise financière.

Vitor Constancio, l’actuel vice-président de la Banque Centrale européenne, tire un constat assez mitigé des réformes financières adoptées depuis la crise de 2007. Lors d’un débat organisé par le CFA Institute ce jeudi à Bruxelles avec Paul Tucker, président du Systemic Risk Council, Vitor Constantio est revenu sur les faiblesses de la régulation financière. "L’introduction du ratio de levier pour les banques s’est avérée très importante, car avant la crise financière, les banques ont abusé de leur modèle interne pour augmenter leur endettement. Et c’est ce qui a provoqué la crise" a-t-il rappelé durant le débat.

Mais l’actuel vice-président de la BCE, dont le mandat prendra fin dans six semaines, a constaté que le shadow banking, système bancaire parallèle, "a été trop peu régulé, et peu ciblé par la réforme financière, qui s’est concentrée sur les banques". "Les entités du shadow banking ont massivement augmenté leur endettement avec du levier synthétique, et rien n’a été fait pour les empêcher" souligne-t-il, en relevant que le poids du shadow banking a presque doublé par rapport à 2007.

Il explique ce manque de régulation par l’absence de volonté politique. "Le repo, la titrisation,… ne sont pas sous le radar des gouvernements" indique-t-il. Paul Tucker a lui relève que les réformes sont "extrêmement compliquées, avec des définitions comme les actifs pondérés aux risques extrêmement complexes". Il ajoute que le lobbying de l’industrie a joué un rôle. "Aux Etats-Unis, quand les mutual funds ont été réformés, je n’ai jamais observé autant de lobbying" indique-t-il.

Vitor Constancio s’est aussi inquiété de la volonté des Etats-Unis d’adopter des exemptions pour la régulation du secteur financier. "Aux Etats-Unis, une proposition de loi vise à exempter les banques des obligations d’Etat et du repo dans le calcul de leur ratio de levier. Il a été annoncé au début de la semaine que le levier des banques américaines a augmenté" s’inquiète-t-il. "La prochaine récession ne sera plus concentrée dans les banques, mais sera amplifiée par le secteur non bancaire" prédit-il.

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