La prolongation des achats de la BCE devrait être la dernière, selon Coeuré

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE. ©DR

"J'ai bon espoir que ce soit la dernière prolongation", dit Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE au Journal du dimanche, à propos de la décision de la BCE de continuer à acheter des actifs jusqu'en septembre 2018 mais à concurrence de 30 milliards d'euros par mois dès janvier au lieu de 60 milliards jusqu'en décembre.

La réduction de moitié de la taille du programme d'achats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE) est un recalibrage qui "reconnaît la solidité de la reprise économique et permet de la consolider", déclare au Journal du dimanche Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE.

La BCE a annoncé jeudi une réduction de son programme de stimulation monétaire tout en le prolongeant jusqu'en septembre prochain au moins, dans un environnement d'amélioration de la croissance au sein de la zone euro mais aussi de faiblesse persistante de l'inflation.

"À compter de janvier et jusqu'en septembre  2018, nous achèterons 30  milliards d'euros d'obligations par mois au lieu de 60  milliards actuellement. Et nos taux d'intérêt vont rester inchangés", explique Benoît Coeuré au JDD.

La politique monétaire de la BCE restera très accommodante.
Benoît Coeuré
Membre du directoire de la Banque centrale européenne

"La politique monétaire de la BCE restera très accommodante : nos achats d'actifs se poursuivront tant que l'inflation ne reviendra pas clairement vers 2 %. Ce recalibrage reconnaît la solidité de la reprise économique et permet de la consolider. J'ai bon espoir que ce soit la dernière prolongation".

Si elle "peut créer des risques sur les marchés financiers", cette politique a pour "effet premier de stimuler la consommation et l'investissement et de favoriser la baisse du chômage", ajoute-t-il.

La croissance, "occasion unique"

Interrogé sur la santé économique de la zone euro, Benoît Coeuré estime que "chaque pays doit continuer à se réformer : au premier chef la France, mais aussi l'Allemagne".

Dans la France dirigée depuis près de six mois par Emmanuel Macron, le retour de la croissance européenne "offre une occasion unique de déployer un ensemble cohérent de réformes pour corriger ses faiblesses : chômage persistant, formation insuffisante, déficit des finances publiques et du commerce extérieur...", pense-t-il. "Il faut plus de flexibilité, c'est vrai, sans oublier ceux que ce modèle laisse sur le bord de la route".

En matière budgétaire, "la France n'est pas encore sortie d'affaire", estime en outre le responsable.

"Son déficit se réduit, mais pour l'essentiel grâce à un retour de la croissance. Si la conjoncture se retourne, où seront les marges de manoeuvre ? Il est grand temps que la France, deuxième économie de la zone euro, s'affranchisse de la politique monétaire de la BCE", ajoute Benoît Coeuré.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés