La recherche de rendement fait monter les indices boursiers

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La semaine sur les marchés.

Plutôt contradictoire. Plus les nouvelles sont décevantes, plus les marchés boursiers montent. Il n’y a pas si longtemps encore, un indicateur économique chinois défavorable, tel que le PMI manufacturier tombé à 49 points en juin et publié à Pékin au tout début de la semaine, aurait fait trembler toute la planète boursière. Il n’en a pas été ainsi cette fois. De Wall Street à Shanghaï, en passant par les places européennes, les indices sont montés de concert lundi.

Ce mouvement de bonne humeur n’a pas été le fait de quelques instants. Il s’est poursuivi dans les jours qui ont suivi. Sur la semaine, l’indice S&P 500 de la Bourse de New York a ainsi gagné 1,8% à 2.977 points et le Stoxx 600 paneuropéen 1,36% à 390,11 points.

Ces bilans positifs ont été enregistrés, en dépit de la publication en Europe, mais aux Etats-Unis aussi, d’indicateurs économiques pas toujours encourageants. Citons entre autres, l’aggravation du déficit commercial des USA en juin. Ou la baisse plus importante qu’attendu en Allemagne des commandes à l’industrie, surtout celles à l’exportation, en mai. Cette baisse, dixit le ministère de l’Économie allemand, "ne laisse que très peu d’espoir d’amélioration dans les mois à venir. Les données catastrophiques des commandes nouvelles anéantissent tout espoir d’un rebond industriel", dit de son côté Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Ontex met en péril sa place dans la composition de l’indice Bel 20.

Trêve sino-américaine

La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine est en grande partie responsable des déceptions causées par le PMI chinois et la statistique allemande. La Chine et l’Allemagne sont deux économies fort tournées vers l’exportation. Depuis plusieurs mois maintenant, leurs exportations reculent suite aux menaces du Président américain de prendre les mesures visant à rééquilibrer les échanges commerciaux avec ces deux pays.

Si les Bourses sont montées ces derniers jours, c’est parce les présidents américain et chinois ont conclu, en marge du G20 il y a 8 jours, une trêve commerciale et décidé de reprendre leurs négociations. Comme pour démontrer sa volonté d’apaiser les relations avec la Chine, le Donald Trump s’est aussi engagé à lever partiellement les restrictions américaines visant l’équipementier télécoms Huawei.

La reprise des négociations est une bonne nouvelle pour la relance de l’activité économique mondiale. Mais, avertissent en chœur les analystes, les difficultés de l’économie chinoise persisteront tant qu’un accord concret n’est pas adopté.

L’OLO à 10 ans sous 0%

Pour une autre raison, les Bourses ont été orientées à la hausse. Les nouveaux planchers touchés par les rendements obligataires ont poussé les investisseurs à la recherche de rendement à se tourner davantage vers les actions. Celui de l’OLO belge à 10 ans est passé pour la première fois sous la barre de 0%. Il était tombé jusqu’à -0,06% vendredi matin avant de remonter vers -0,2% après la publication des chiffres du chômage américain.

La perspective de voir les taux directeurs des banques centrales américaine et surtout européenne se détendre dans les semaines à venir explique le repli des taux obligataires. La dette italienne n’a pas échappé à ce mouvement. Son rendement à 10 ans est passé de 2,05% à 1,7% et celui à 2 ans est revenu sous 0% pour la première fois de mai 2018. L’engagement du pays à limiter son déficit public à 2,04% cette année a rassuré les marchés. Il lui permet d’éviter l’ouverture d’une procédure d’infraction pour déficit excessif de la part de l’Union européenne. À la Bourse de Milan, les valeurs bancaires ont salué cette promesse avec des bonds allant de 5 à 9% sur la semaine.

Plus que la baisse des taux obligataires, la hausse du dollar après les statistiques sur l’emploi US a fait reculer l’euro de 1,4% à 1,1215 dollar. Le choix de Christine Lagarde pour présider la BCE lors des 8 prochaines années avait, lui, été accueilli sereinement. L’euro n’avait guère varié lors des deux séances qui ont suivi sa nomination.

Ontex en difficulté

Pour revenir aux Bourses, celle de Bruxelles compte parmi les plus performantes dans la zone euro, après celle de Milan (+ 3,55%). L’indice Bel 20 est monté de 2,7% à 3.643,73 points. Cette performance, l’indice la doit à des actions comme Galapagos (+ 7,3% à 121,7 euros) et AB InBev (+ 6% à 82,5 euros) notamment.

Du côté des actions en baisse, Ontex a recédé 7,12% à 13,17 euros. Si l’on devait se baser sur les cours actuels, Ontex est bien parti pour perdre sa place dans le Bel 20. Elia, qui avait fait partie de l’indice entre 2012 et 2017, est pour le moment en piste pour le remplacer.

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