La revanche des "mal-aimés" sur les marchés financiers?

Wall Street et le dollar souffrent, l'Europe et la monnaie unique sourient. Le Vieux Continent était au centre de l'attention cette semaine sur les marhcés. ©AFP

Les marchés européens ont repris leur ascension vers leur niveau d'avant la pandémie, tandis que Wall Street a souffert de la chute des valeurs technologiques. Le marché des devises a également été chahuté.

Les prémices d'une nouvelle ère sur les marchés financiers? Le grand événement de la semaine est sans aucun doute la chute des valeurs technologiques à Wall Street. Apple -7,49%, Amazon -4,23%, Alphabet -3,60%, Tesla -11,74%... Ces actions si chères à de nombreux investisseurs - notamment sur la plateforme Robinhood - et qui ont été le principal moteur du rally boursier outre-Atlantique font désormais face à une vague sans précédent de prises de bénéfices. Résultat: les trois grands indices américains affichent une performance négative sur la semaine.

"Si je suis d'accord pour affirmer que le secteur technologique a été très haut, trop vite, parler d'une rotation sectorielle violente vers les valeurs cycliques est prématuré."
John Plassard
Spécialiste en investissement chez Mirabaud

Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, aiment à dire certains. "Si je suis d'accord pour affirmer que le secteur technologique a été très haut, trop vite, parler d'une rotation sectorielle violente vers les valeurs cycliques est prématuré", écrit John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud, dans une note publiée jeudi. Il faut y voir, selon lui, une correction "assez saine" et aucunement le prologue à l'éclatement d'une "bulle". "Il faudrait aujourd'hui plutôt parler d'un rééquilibrage que d'une rotation."

D'aucuns estiment même que le rally boursier est loin d'être terminé et que l'on pourrait assister à un retour en grâce des géants de la Silicon Valley à Wall Street. La qualité de leurs activités et la promesse des revenus futurs semblent encore faire rêver certains investisseurs professionnels...

La BCE et la question de l'euro

L'autre événement de la semaine est la problématique autour de la force de l'euro . La monnaie unique a grappillé seulement 0,03% face au billet vert, flirtant avec la barre symbolique de 1,19 dollar. Mais c'était le point d'orgue de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) mercredi et jeudi. "S'il n'y avait pas eu la force de l'euro, la réunion de septembre de la BCE aurait probablement été un non-événement", prévenait Carsten Brzeski, chief economist chez ING, dans une note publiée la veille de la conférence de presse de Christine Lagarde.

"La hausse des prix demeure "largement en dessous" de l'objectif de la BCE et "la récente appréciation du taux de change de l'euro amortit les perspectives d'inflation."
Philip Lane
Économiste en chef de la BCE

La grande argentière de la zone euro s'est cantonnée - pour le moment - à répéter que le taux de change n'est pas un objectif en soi pour la banque centrale. Tout en reconnaissant: "Dans la mesure où l'appréciation de l'euro exerce une pression négative sur les prix, nous devons surveiller attentivement un tel élément, et cela a été abondamment débattu par le Conseil des gouverneurs". Les intervenants de marché en ont conclu que l'inquiétude quant au potentiel impact sur l'économie européenne n'était pas partagée par tous les membres de la BCE. Ce qui a fait repartir la monnaie unique à la hausse.

L'économiste en chef de la banque centrale, Philip Lane, a toutefois souhaité remettre les choses au clair vendredi. Lui qui est à l'origine de la baisse de l'euro au début du mois a indiqué sur le blog de l'institution monétaire qu'"il n'y a pas de place pour la moindre complaisance". La hausse des prix demeure "largement en dessous" de l'objectif de la BCE et "la récente appréciation du taux de change de l'euro amortit les perspectives d'inflation", a-t-il souligné.

"[Le billet de Philip Lane] donne un éclairage sur les perspectives économiques à partir des nouvelles projections de l’institut d’émission européen. Toutefois, la portée de ce billet est plus large: il signifie explicitement que la BCE envisage sérieusement d’en faire plus", analyse William De Vijlder, chief economist de BNP Paribas.

Autres mouvements à souligner

Nous retiendrons aussi de cette semaine le retour du monstre "Brexit" avec les tensions diplomatiques entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, ainsi que la menace d'un "no-deal". Ce qui s'est traduit par une chute de la livre sterling sur le marché des devises. L'euro a pris environ 4% face à la monnaie britannique en cinq jours, soit sa meilleure performance hebdomadaire depuis la mi-mars.

-4%
La livre sterling souffre du brexit
En raison du regain de tensions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, la livre sterling a lâché environ 4% cette semaine face à l'euro.

Avis de tempête également du côté du marché pétrolier. Le Brent a lâché plus de 6% pour retomber aux alentours de 40 dollars le baril. Les prix "restent sous pression tandis que le déséquilibre offre-demande devient de plus en plus évident", a commenté Richard Hunter, analyste pour interactive investor. Jeudi, l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA) a fait état d'une hausse surprise des stocks de brut aux États-Unis.

À la Bourse de Bruxelles, la tendance est nettement plus positive. Le Bel 20 a gagné plus de 1% cette semaine à l'instar des autres grands indices actions en Europe. Une progression pilotée notamment par Galapagos (+12,74%), Solvay (+3,61%) et Ageas (+3,49%). Hors Bel 20, Hyloris affiche l'une des meilleures performances avec un bond de 13,81%. La biopharma a annoncé lundi l'approbation d'un de ses produits phares dans huit pays européens.

L'Echo

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