"La saison des résultats promet d'être mouvementée" en Europe

©REUTERS

Alors qu'à Wall Street, les analystes s'attendent à une baisse des bénéfices au deuxième trimestre, les observateurs espèrent encore une croissance positive en Europe. Mais avec les divers profit warnings lancés récemment, certains craignent une vague de déceptions.

Sceptiques. L'heure n'est pas à l'optimisme parmi les analystes à quelques jours du lancement d'une nouvelle saison de résultats trimestriels en Europe. Selon les données publiées par la société Refinitiv mardi, les entreprises reprises au sein de l'indice paneuropéen Stoxx 600 devraient faire état d'une modeste hausse, d'environ 0,8%, de leurs bénéfices au cours du deuxième trimestre 2019. Les analystes tablaient encore sur une croissance de 1,8% la semaine précédente. Et il y a deux mois, ils espéraient même un bond de 3,6%.

"Les résultats du deuxième trimestre ne devraient pas impressionner et, malgré des attentes revues à la baisse, les actions pourraient ne pas toutes être épargnées par la déception"
Emmanuel Cau
stratégiste chez Barclays

"Les résultats du deuxième trimestre ne devraient pas impressionner et, malgré des attentes revues à la baisse, les actions pourraient ne pas toutes être épargnées par la déception", prévient Emmanuel Cau, stratégiste chez Barclays.

Certains observateurs estiment même que les anticipations sont encore trop élevées. "La saison des résultats promet d'être mouvementée", signalent Laurent Douillet et Tim Craighead, stratégistes chez Bloomberg Intelligence. Et de pointer les 20 entreprises européennes qui, ces derniers jours, ont lancé un avertissement sur résultats pour leurs chiffres du deuxième trimestre et/ou de l'exercice annuel. "Les avertissements proviennent principalement de secteurs cycliques, notamment de la consommation discrétionnaire (7), des matériaux (4) et de l'industrie (3), reflétant l'affaiblissement des perspectives économiques en Europe".

Une conjoncture défavorable

Rappelons que l'indice PMI composite, qui combine services et industrie, est remonté à 52,2 en juin après être tombé à 51,5 en avril. Des données positives mais qui pour Chris Williamson, chef économiste d'IHS Markit, suggèrent une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 0,2% au deuxième trimestre. Difficile donc pour les entreprises européennes de présenter des résultats trimestriels en nette augmentation. D'autant que grondent encore des tensions commerciales qui pèsent sur le moral des entrepreneurs et des consommateurs.

0,2%
Une croissance atone en zone euro?
Selon Chris Williamson, d'IHS Markit, les indices PMI suggèrent une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 0,2% au deuxième trimestre.

Le géant chimique BASF s'en est plaint pour justifier son avertissement sur résultats lundi soir, alimentant les craintes des analystes sur une potentielle saison trimestrielle décevante. "Bien entendu, on ne s'attend pas à ce que toutes les entreprises industrielles signalent une baisse de 30% de leur ebitda, comme l'a fait BASF. Mais cela va sûrement augmenter l’anxiété liée à chaque saison de résultats", avait alors réagi Frank Vranken, chef stratégiste chez Puilaetco Dewaay.

Et n'espérez pas un soutien du taux de change. En avril et juin, l'euro   a évolué en dents de scie, progressant finalement de 1,38% face au dollar.

Peu d'espoir pour les banques et l'automobile

Le bal commence la semaine prochaine avec la publication des résultats du groupe néerlandais ASML Holding mercredi. Selon les données compilées par Bloomberg, les analystes s'attendent à une baisse de son bénéfice par action (BPA) d'environ 30% par rapport au deuxième trimestre 2018. Le secteur des semi-conducteurs a subi de plein fouet les tensions commerciales et le ralentissement de la production industrielle. Les attentes pour ses concurrents Infineon (-12,12%) et STMicroélectronics (-35,64%) ne sont guère meilleures.

Côté automobile, les grands constructeurs devraient aussi présenter des chiffres dans le rouge, avec Volkswagen (-14,25%), Renault (-25,63%) et Peugeot (-7,59%). Même topo pour les banques, qui ont souffert de la baisse des rendements obligataires. Deutsche Bank a déjà prévenu que sa restructuration - annoncée le week-end dernier - va amputer de 3 milliards d'euros ses résultats au deuxième trimestre. Les autres groupes comme BNP Paribas (-18,22%) ou ING (-5,65%) ont aussi bu la tasse, à l'exception de KBC (+3,11%).

Mais les prévisions les plus pessimistes concernent ArcelorMittal (-77,2%).

Parmi les bonnes nouvelles attendues, notons les estimations optimistes pour le secteur technologique avec SAP (+12,03%), le compartiment des boissons avec AB InBev (+2,88%) et Heineken (+13,1%) mais également les valeurs pétrolières avec Total (+4,95%) et Royal Dutch Shell (+17,05%).

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