Le bal des annonces de résultats de sociétés débute en Europe

Le transporteur maritime Euronav inaugurera la saison des annonces de résultats de sociétés à la Bourse de Bruxelles ce jeudi 30 janvier ©Foto Euronav

La hausse de 23% de l'indice Stoxx 600 en 2019 donne à penser que les résultats de sociétés réalisés en 2019 seront brillants. Il est cependant illusoire de penser que la croissance des bénéfices aura suivi le même rythme...

Avec quelques jours de retard sur Wall Street, la saison des annonces de résultats trimestriels et pour l’ensemble de l’année 2020 des sociétés européennes a démarré en Europe. Comment évoluera-t-elle? Doit-on s’attendre à des chiffres encourageants? La hausse des marchés boursiers en 2019 donne à le penser. L’indice Stoxx 600 avait progressé de 23,16% pour terminer quasiment à ses plus hauts historiques.

©MEDIAFIN

Si les performances réalisées par les 19 sous-groupes sectoriels de cet indice permettent de se faire une petite idée des entreprises qui auront été les plus performantes sur le plan des bénéfices, alors ce sont celles actives dans les services financiers que l’on devrait prioritairement retrouver. Les actions dans ce sous-groupe sectoriel du Stoxx 600 ont progressé en moyenne de 41,47%. Sous la bannière de services financiers, on trouve les opérateurs boursiers, les gestionnaires de fonds et les holdings. Il y a huit jours, Sofina nous en avait donné un avant-goût, en ayant publié une note préliminaire faisant état une hausse de 16,8% de ses capitaux propres par action.

UCB se surprend lui-même

Le secteur de la technologie (+39%) devrait aussi se manifester avec de très beaux chiffres. A l’instar du groupe franco-italien spécialisé dans les semi-conducteurs STMicroelectronics. Il a réalisé une marge brute meilleure que prévu, en progression de 2%, à 1,08 milliard de dollars.

Même topo pour les sous-groupes suivant les valeurs de construction (+36,6%), des "utilities" (+34,3%), des soins de santé (+30,8%) et de la distribution (+30,2%). Dans ces deux derniers segments, UCB a fait part il y a deux semaines de ventes supérieures à ses propres attentes. Quant au distributeur français Carrefour, il a dit s'attendre à un bénéfice d'exploitation d'environ 2,09 milliards d'euros en 2019, en hausse de 7,4% à change et périmètre constants.

Des dividendes menacés

Aucun des 19 sous-secteurs n’a terminé l’année sur un bilan négatif. Mais avec des hausses de 1,25% pour les Stoxx 600 Telecom, de 2,35% pour celui des compagnies pétrolières, de 3,7% des banques ou encore de 6,5% de l’automobile, il ne faudra pas compter sur des résultats brillants dans ces segments. Daimler vient d’émettre son troisième avertissement sur résultat en une petite poignée de trimestres, Peugeot a récemment dévoilé une baisse de 10% de ses ventes en volume en 2019 et Renault de 4,5%.

Ces nouvelles décevantes ne sont pas sans impact sur les équipementiers automobiles. Le groupe belge Melexis devrait ainsi dévoiler le 5 février prochain une baisse de 15% de son bénéfice par action à 1,54 euro selon Bloomberg. Un montant qui, soit dit au passage, ne suffira pas à verser à ses actionnaires un dividende équivalent à celui payé l’an dernier (2,20 euros brut par action). Chez Daimler et Renault, les analystes tablent des dividendes en recul de respectivement 43% à 1,85 euro par action et de 29,6% à 2,50 euros.

Du fait de la baisse de 10% du prix moyen du baril de brent entre 2019 et 2020, les résultats sont attendus plutôt en baisse du côté des compagnies pétrolières. Mais celles-ci comptent bien encore relever le montant de leurs dividendes.  

Aux banques enfin, malgré l’annonce d’un recul de 5% des résultats chez UBS, la stabilité des résultats devrait être le trait dominant, tout comme les dividendes à de rares exceptions. La hausse du bénéfice par action de KBC devrait être limitée à 1,8% à 5,72 euros, mais le dividende final monter de 10% à 2,75 euros. 

Ce que dit le consensus

Avec une croissance anticipée de 6 à 11%, les entreprises suisses, allemandes et suédoises compteront parmi les meilleures élèves de la saison des résultats.
Les analystes de Bloomberg Intelligence

Dans l’ensemble, les entreprises suivies par l’indice Stoxx 600 totaliseront des résultats finaux pour leur exercice 2019 proches de ceux enregistrés un an auparavant. Le consensus des analystes fait ressortir une croissance attendue de 3% en moyenne, contre -1,9% pour les sociétés de l’indice S&P 500 à Wall Street. Pour 2020, ce taux monte à +8%, contre +8,6% à Wall Street.

Pour le seul quatrième trimestre, les analystes de Bloomberg Intelligence visent une croissance de 1,5% en moyenne des bénéfices par action. "Avec une croissance anticipée de 6 à 11%, les entreprises suisses, allemandes et suédoises compteront parmi les meilleures élèves de la saison des résultats. Celles des Pays-Bas et de l’Italie les moins bons, avec croissance négative attendu des profits de respectivement 6% et 15%", estiment-ils.

Chez nous à la Bourse de Bruxelles, la saison des publications de résultats démarrera officiellement ce jeudi 30 janvier. C’est Euronav qui l’inaugurera. Le transporteur maritime devrait annoncer un retour au bénéfice.

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