Le Bel 20 frôle la correction

Les Bourses européennes ont connu un épisode de répit après leur baisse des derniers jours.

Le Bel 20 a échappé à une nouvelle séance de recul. Mais les investisseurs restent préoccupés par l'impact du coronavirus.

Les bourses européennes ont encore vécu des frayeurs liées à la propagation de l'épidémie de coronavirus. Mais finalement, elles ont terminé sur une note hésitante. Le Bel 20 a pris 0,05%. A Paris, le CAC 40 a avancé de 0,09% et à Francfort, le Dax a reculé de 0,12 %. L'indice européen Stoxx 600 est resté inchangé.

Le Bel 20 a lâché 8,76% depuis son plus haut niveau atteint le 17 février 2020 à 4201,35 points.  Il a frôlé la correction (chute de 10% par rapport à son dernier plus haut niveau). L'indice a connu ce mercredi un nouvel épisode de panique généralisée, plongeant à 10h10 de plus de 3%, mais il s'est ensuite repris. 

Les bourses ne parviennent pas à dominer la peur et la phase de correction ne semble pas encore être à son terme.
Bernard Keppenne
économiste en chef chez CBC

La hausse du nombre de cas de contaminations à travers le monde, notamment en Italie mais aussi dans d'autres pays européens comme l'Autriche, la Suisse ou la France, est toutefois restée un sujet de préoccupation pour les acteurs du marché. "La baisse des actions reflète l'idée selon laquelle l'impact de l'épidémie va probablement être de grande envergure et va peser sur les chiffres d'affaires et résultats d'entreprises", a résumé Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Des sociétés comme Danone, Diageo et Solvay ont multiplié les avertissements sur résultats en raison de l'impact du coronavirus. KLM a annoncé des mesures d'économies "drastiques" en réaction à l'impact économique du coronavirus.

Toutefois, comme le note Masanari Takada, analyste chez Nomura, "les principaux coupables des ventes panique sur les actions ces derniers jours sont les hedge funds qui suivent les fondamentaux". "Les fonds equity Long/short et Global Macro ont vendu leurs positions en actions pour se préparer à une récession" ajoute-t-il. 

Incertitudes 

"Les bourses ne parviennent pas à dominer la peur et la phase de correction ne semble pas encore être à son terme. La bourse japonaise est particulièrement mise sous pression dans la crainte d’une annulation des JO, ce qui aurait un impact extrêmement dommageable pour l’économie" relève l'économiste en chef de CBC, Bernard Keppenne. Mais il note que l'économie américaine ne semble pas fléchir pour l'instant. "L’indice de confiance des consommateurs américains est resté stable et ne reflète donc aucune appréhension par rapport à un impact négatif du Covid-19 sur la consommation. Quand on sait le poids de la consommation dans la croissance américaine, cet indice ne peut évidemment que rassurer" ajoute-t-il.

Par contre, du côté européen, Gilles Guibout, responsable de l’équipe Actions Europe/Eurozone chez AXA Investment Managers, a revu les perspectives à la baisse. "L'impact du coronavirus sur la croissance économique sera indéniable mais pas encore estimé" indique-t-il. "L'épisode ne devrait pas durer car le printemps va arriver et le coronavirus est une grippe, qui ralentit avec la remontée des températures" ajoute-t-il.

8,76%
Le Bel 20 proche d'une correction
L'indice a perdu près de 9% entre le 17 février et ce mercredi (-12% si on prend en compte le plus bas de la séance vers 10h10).

Le commissaire européen aux Affaires économiques Paolo Gentiloni a affirmé que l'épidémie de coronavirus aura un impact sur la croissance européenne. "Le coronavirus est le nouveau risque baissier, il aura un impact. Mais il se refuse toutefois de faire des prévisions chiffrées. "La seule certitude que nous avons c'est qu'il aura un impact sur l'économie".

L'agence Moody's s'attend pour sa part à une contraction de 2,5% du marché des ventes mondiales de voitures cette année contre 0,9% auparavant, en raison du coronavirus qui perturbe la chaîne de l'offre et la demande.

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