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Le bitcoin, une simple bulle ou bien plus que cela?

©ANP

Le bitcoin a surgi au-devant de l'actualité en fin d'année dernière, alors qu'il connaissait une progression extraordinaire. Quelques mois et milliers de dollars de valeur de moins plus tard, une question latente se pose: réelle monnaie d'avenir ou simple bulle spéculative?

Créé par un internaute anonyme utilisant le pseudo de Satoshi Nakamoto, le bitcoin fête cette année ses dix ans d'existence. On se souviendra avant tout de lui comme de la première crypto-monnaie - monnaie virtuelle -, et de la première utilisation de la blockchain à des fins commerciales. Mais depuis sa flambée, un débat agite les analystes financiers: le bitcoin est-il une monnaie d'avenir ou une simple bulle spéculative? 

Ce qui est certain, c'est qu'après neuf années d'évolution plutôt stable, la monnaie a connu en 2017 une envolée stratosphérique: +1.300% et un prix qui a dépassé les 20.000 dollars avant de redescendre lourdement cette année. Depuis le mois de mai, le cours a chuté de 65 % par rapport à son niveau le plus haut. De quoi donner du grain à moudre à ceux qui parlent justement d'une bulle.

La fête est-elle réellement finie? Ce qui pose question, c'est que ce sont souvent les mêmes qui tiennent ces propos, à savoir des banquiers et des PDG de grandes entreprises.

Mais ont-ils raison? La fête est-elle réellement finie? Ce qui pose question, c'est que ce sont souvent les mêmes qui tiennent ces propos, à savoir des banquiers et des PDG de grandes entreprises. S’agit-il d’une réponse logique de corporations inquiètes qui tentent de protéger leur marché contre les menaces extérieures? Ou bien est-ce un avertissement de bon sens?

Avec la crise des subprimes, le système bancaire mondial entièrement fondé sur l’hégémonie du dollar a en tout cas montré ses limites. Une monnaie, il faut qu'elle soit acceptée par ses utilisateurs. Or le dollar comme l’euro sont des monnaies légales à cours forcé. Les gens sont obligés de les utiliser pour payer les taxes et les impôts.

A l'inverse, le bitcoin est une monnaie libre, qui fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande. Vu sa rareté, son cours augmente avec l’augmentation de la demande. Est-ce pour autant la solution? N'est-ce pas trop risqué de se baser sur une monnaie... virtuelle? "Du vent" comme disent beaucoup de détracteurs. 

L'épouvantail de la régulation

Le bitcoin offre des similarités avec les thèmes communs aux plus importantes bulles spéculatives de l'histoire: l’évolution frénétique des prix, le comportement irrationnel des investisseurs, la fraude et la difficulté d'évaluer les actifs. Le parallèle avec les bulles liées aux innovations technologiques de masse laisse à penser que le bitcoin, comme le reste du marché des crypto-monnaies, ne sont pas différents.

Quatre étapes à suivre pour investir dans le bitcoin

Cependant, il convient tout de même de rappeler que le bitcoin navigue aux alentours des 6.500 dollars, ce qui veut dire qu'il se situe, malgré sa forte baisse, toujours à un cours relativement élevé par rapport à il y a un an. Ensuite, précisons également que si le bitcoin baisse depuis le début de l'année, c'est d'abord et avant tout dû à l'incertitude de la réglementation. Comment vont être traitées ces crypto-monnaies par les différentes institutions à travers le monde? Qui va s'occuper de les réguler et à quel point?

Les régulateurs monétaires voient d’un mauvais œil l’indépendance de la crypto-monnaie et craignent que son développement ne la prédestine à devenir un vecteur privilégié pour le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme ou les délits d’initiés.

Avant l'envolée de fin 2017 et son apparition dans les médias, les régulateurs et les gouvernements ne s'étaient jamais réellement posé la question, ne mesurant pas la puissance de cette monnaie en devenir. Aujourd'hui, personne ne sait exactement comment traiter ce sujet. 

Semblable aux start-ups

Grâce à l'ICO (initial coin offering), une levée de fonds en crypto-monnaies, les start-ups de la blockchain peuvent collecter des millions en seulement quelques jours ou même minutes. En 2017, plus de 4 milliards de dollars ont été levés via des ICO dans le monde, contre 96 millions de dollars en 2016. Beaucoup de projets ne survivent pourtant pas, ce qui concentre à nouveau les critiques des détracteurs du bitcoin. Selon une étude du Boston College, c'est même la moitié des projets qui prennent fin dans les quatre mois suivant la levée de fonds. 

Une des raisons est la fraude qui est encore très présente dans le milieu. Mais pour Mathieu Nouzareth, co-fondateur de Fresh Planet, interrogé sur BFM, il existe une deuxième raison tout aussi pertinente: "Ce phénomène est comparable à celui des start-ups. Quand elles sont financées par des investisseurs, il y en a énormément qui meurent au bout de quelques années. Cela fait partie du modèle. 70% des start-ups échouent, 20% réussissent moyennement et seules 10% obtiennent des résultats exceptionnels. C'est sur celles-là qu'il faut se concentrer. Il y a le même phénomène aujourd'hui sur les crypto-monnaies", déclare-t-il.

"Aujourd'hui, il y a des équipes dans le monde de quelques personnes qui sont en train de construire des futurs géants à la Google et Amazon. On le saura peut-être dans 4 ou 5 ans et on se dira: 'comment on a pu passer à côté de ça avant'", ajoute-t-il, précisant que la baisse du bitcoin permet également de faire partir les spéculateurs qui étaient là pour gagner de l'argent rapidement et qui ont contribué à la volatilité qu'a connue la monnaie.

Confronté à ces défis, le bitcoin est aujourd’hui à la croisée des chemins. L'année 2018 va-t-elle être celle de la confirmation d'un fabuleux potentiel ou la fin d'une bulle dont beaucoup n'attendent que l'éclatement? Les réponses divergeront.

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