"Le cœur de la zone euro se porte très bien"

Philippe Ledent, économiste chez ING Belgique et chargé de cours à l’UCL, explique que si l’effet de contagion continue sur les marchés, l’euro n’a aucune chance de se redresser.

Compte tenu de la crise de la dette, quelle est votre prévision pour l’euro à la fin de l’année?

 Elle n’a pas changé: nous tablons sur un renforcement de l’euro face au dollar, ce qui porterait notre devise à 1,40 dollar en fin d’année, selon nos estimations. L’idée est que les facteurs qui jouent en faveur de l’euro pour le moment sont temporaires et que l’on retrouvera la situation qui prévalait il y a quelques semaines, quand les craintes pour la santé de l’économie des Etats-Unis et le "quantitative easing" de la Réserve fédérale (achats de titres de dette par la banque centrale américaine, ndlr) étaient au centre des préoccupations. Les fondamentaux de la zone euro restent bien meilleurs.

 

Pourtant, le Portugal voire l’Espagne inquiètent…

Le cœur de la zone euro se porte très bien. Nettement mieux que les Etats-Unis. La faiblesse du Portugal n’est pas de nature à affecter la reprise économique de ce noyau. Reste à voir jusqu’où l’emballement de la crainte des marchés financiers va aller. Cet emballement dépasse ce que disent les fondamentaux. Si on examine la situation du Portugal et celle de l’Espagne à tête reposée, il n’y a pas photo par rapport à l’Irlande et à la Grèce. Mais si l’effet de contagion continue sur les marchés, là, il est clair que l’euro n’a aucune chance de se redresser. Il y a donc une large part d’incertitude qui tient à la façon dont le monde politique réagira - et il le fera parce que la situation l’y contraint - et à la façon dont le marché de la dette évoluera. Mais si la réponse politique est appropriée et que le marché s’apaise, un potentiel de 1,40 dollar est tout à fait plausible pour la fin 2010.

 

Et en 2011?

Compte tenu de toutes ces incertitudes, nos stratégistes prévoient un profil très plat de 1,40 dollar pendant toute l’année. On se doute que ce ne sera pas le cas mais les incertitudes sont déjà telles pour des prévisions à quelques jours que cet exercice devient très difficile à cette échéance. Rappelons que le "quantitative easing" de la Fed pourrait être reconduit. En outre, les problèmes de la zone euro reviendront probablement de façon récurrente parce qu’au-delà de la solution qui sera mise en place, il faudra effectuer un suivi des plans d’austérité, ce qui provoquera des moments de stress à chaque échéance. Enfin, nous continuons à penser que la Banque centrale européenne relèvera ses taux d’intérêt directeurs avant la Fed.

 

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