mon argent

Le carnet d'épargne belge demeure sans rival

©BELGA

L’encours des carnets d’épargne ne cesse de battre des records en Belgique, en raison d’une aversion au risque toujours présente mais aussi du rendement bas sur la majorité des placements.

Nouveau record pour les carnets d’épargne. Selon les chiffres de la Banque nationale de Belgique, l’encours de ceux-ci a atteint 251,892 milliards d’euros à la fin du mois de mars, soit une progression de 1,1 milliard d’euros par rapport à la fin février. L’encours des livrets avait toutefois baissé entre janvier et février.
Certaines agences bancaires ont vu des clients âgés remettre leur argent sur leur compte d’épargne en raison de leur crainte d’une guerre qui éclate entre l’Ukraine et la Russie. Mais du côté des banques, on ne confirme pas cette information.
Ivan Van de Cloot, économiste au think tank Itinera, explique la hausse de l’encours des carnets de dépôts par "une hausse continue des revenus, combinée avec des rendements très bas sur la grande majorité des placements".
"Il n’y a pas vraiment d’alternative au compte épargne, constate-t-il. De plus, les gens restent traumatisés depuis la crise financière. L’aversion au risque représente un grand facteur d’explication aux montants importants sur les carnets d’épargne."


Une culture d’aversion au risque
Récemment, le président de la VFB (une association d’investisseurs) pointait que tout a été fait en Belgique pour promouvoir le capital sans risque et trop peu pour le capital-risque. L’aversion au risque est culturelle en Belgique, selon lui.
Ivan Van de Cloot souligne une inertie politique pour faire changer cette culture. "Avant les élections, le ministre Koen Geens n’a pas proposé de supprimer la franchise fiscale sur les comptes d’épargne. Pourtant, cet avantage biaise le jeu car les gens se détournent des actions et des autres placements utiles pour l’économie, qui, rappelons-le, a besoin de capital- risque. Mais aucun parti n’ose prendre cette décision", constate-t-il.
Toutefois, l’économiste estime que la crise en Ukraine joue moins sur la psychologie des Belges. "Les soulagements sur la crise de l’euro, avec la remontée des taux grecs et portugais, jouent comme un contrepoids aux risques géopolitiques, souligne-t-il. La crise en Ukraine fait réfléchir les gens. Elle rappelle qu’il existe beaucoup plus de risques que ceux des dix dernières années. Ce risque est une surprise, car beaucoup de personnes avaient oublié qu’il existe."
Ivan Van de Cloot relève aussi que les gens ne sont pas complètement rassurés quant à une résolution de la crise fondamentale de la zone euro. "Ils voient juste une pause dans les turbulences".


Le grand problème de la Belgique
L’économiste relève que les volumes sur les carnets de dépôts sont le grand problème de la Belgique. "Il y a un paradoxe: tant d’argent reste sur les carnets d’épargne alors que le financement des entreprises se restreint", indique-t-il. Toutefois, il observe que les familles fortunées cherchent d’autres canaux que les carnets d’épargne, pour financer des entreprises, à l’image du crowdfunding. "Pour le moment, ce n’est pas suffisant pour soutenir le financement des entreprises, nuance-t-il. La grande majorité des gens n’ont aucune créativité par rapport à leur carnet d’épargne."


Quant à l’emprunt populaire, rappelons qu’en mars, il a fait un flop auprès des particuliers. Au premier trimestre, selon les données de Febelfin, ces prêts-citoyens thématiques, dont le précompte a été ramené à 15% au lieu de 25%, ont récolté 1,025 milliard d’euros. Mais en mars, cet apport n’a été que de 160 millions d’euros.
Le ministre Geens avait regretté récemment ne pas avoir pu défiscaliser complètement ces emprunts. Mais pour Ivan Van de Cloot, ces prêts-citoyens représentent deux fois rien. "Ils sont juste là pour rendre populaire un ministre", assène-t-il.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés