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Le "carry-trade" des banques

Chroniqueur, newsmanager

Les banques achètent-elles trop d’obligations souveraines de leur propre pays?

C’est la question posée par l’agence de rating Standard and Poor's dans une étude publiée cette semaine.  Les banques européennes ont acheté des obligations souveraines de leur propre pays pour un montant de 210 milliards d’euros depuis février 2020. Cela pourrait créer à nouveau un cercle vicieux ("doom loop") comme dans les années 2010, où les ennuis d’un État se répercutent sur la santé des banques, ce qui ne fait qu’aggraver la situation du pays en question. 

210
milliards d'euros
Les achats d'obligations souveraines domestiques par les banques.

Ces achats d'obligations souveraines domestiques concernent surtout des pays du Sud comme l'Espagne, l'Italie et le Portugal. Et encore davantage des pays de l'Est comme la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, la République tchèque ou encore la Croatie.

L'agence de rating se veut toutefois rassurante car l'Union européenne a renforcé ses outils de résolution des crises. S&P pense aussi que ces achats ne sont qu'une réponse temporaire des banques à la liquidité excessive sur les marchés. Une banque centrale comme la BCE déverse des milliards sur les marchés. Les banques peuvent emprunter auprès de l'institution de Francfort en se faisant payer par cette dernière jusqu'à 1% pour reprêter l'argent à l'économie réelle. Mais une partie de cet argent revient en dépôt à la BCE ou est replacé en obligations d'Etat qui rapportent davantage. Ces opérations dites de "carry trade" permettent ainsi aux banques de réaliser des profits faciles. Mais est-ce bien le but?

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