Le dragon chinois sort ses griffes

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Les tenants de l’adage selon lequel il est conseillé de vendre ses actions et de ne revenir en Bourse qu’à l’automne prochain jubilent.

Après le beau début d’année qui s’est étendu de janvier à avril, l’orientation baissière que les marchés boursiers ont adoptée depuis lors s’est encore confirmée un peu partout dans le monde ces derniers jours. L’indice Stoxx 600, qui suit les principales capitalisations boursières européennes (y compris des valeurs suisses et britanniques) a achevé la semaine sur un bilan négatif de 1,47% à 375,89 points.

À la Bourse de Bruxelles, en dépit de son gain de 0,8% enregistré juste à la veille de ce week-end, l’indice Bel 20 a perdu 1,11% à 3.472,34 points. Il porte à 10% ses pertes depuis son plus haut de l’année atteint à la mi-avril (3.860,17 points).

De l’autre côté de l’Atlantique, la Bourse de New York ne s’est pas départie de ce mouvement négatif des marchés. L’indice Dow Jones affichait ce vendredi vers 19 heures un recul hebdomadaire de 0,8% à 25.562 points. Sur le Nasdaq, l’indice général abandonnait 2,2% à 7.646 points. Les pertes ont également dominé sur les places dites émergentes. L’indice MSCI qui les représente s’est contracté de près de 1%.

Shanghaï plus stable

L’atmosphère est donc restée sombre sur les marchés. Au centre des préoccupations des boursiers, la guerre commerciale toujours en cours entre les Etats-Unis et la Chine a encore été le motif primordial des allégements de positions en actions dans le monde. Plus que jamais, les positions des deux plus importantes économies de la planète divergent.

Plutôt discret jusqu’ici, le dragon chinois, de plus en plus agacé aussi par l’acharnement des Etats-Unis à l’encontre du géant des équipements télécoms Huawei, fait mine de montrer ses griffes. Une attitude qui a paru rassurer les investisseurs en Chine. Bien qu’elle ait touché un nouveau plancher depuis trois mois, la Bourse de Shanghaï a affiché une propension à se stabiliser. Son principal indice a contenu ses pertes à 1% au terme des cinq dernières journées, à 2.852,99 points. Il avait chuté de 6,5% au cours des deux précédentes semaines.

Le conflit commercial américano-chinois est loin de laisser les investisseurs indifférents en Europe. D’autant qu’il continue d’impacter négativement les économies européennes. En particulier celle de l’Allemagne, où les secteurs manufacturier et des services ont encore reculé en mai. C’est ce qui ressort de l’indice PMI IHS Markit du secteur manufacturier, qui baisse pour le 5e mois d’affilée. Selon une première estimation, il est passé de 44,4 en avril à 44,3 en mai. Cette tendance confirme une autre enquête, celle de l’institut d’études économiques IFO. Son indicateur phare est passé de 99,2 à 97,9.

Parmi les éléments rassurants, la composante des attentes exprimées par les patrons pour les mois à venir s’est pour sa part stabilisée (95,3). De son côté, l’économiste de Markit Chris Williamson indique que le léger recul de son indicateur PMI manufacturier pour l’Allemagne suggère que la récession dans ce secteur plus sensible aux tensions sur le commerce international, pourrait avoir atteint son pic.

À l’image de ces indicateurs économiques, les Bourses européennes qui, de toute évidence les anticipaient en reculant depuis quelque temps, pourraient retrouver prochainement plus de sérénité. Un scénario que conforte l’indice VIX, celui qui mesure la nervosité des marchés, qui a considérablement reflué ces derniers jours. Précisons encore que pour l’ensemble de la zone euro, l’indice PMI IHS Markit est monté de 51,5 à 51,6, tiré notamment par le retour à la croissance en France (50,6 contre 50).

Pétrole en baisse

Sur les autres marchés, l’euro a retrouvé ce vendredi la barre de 1,12 euro pour la première fois en 10 jours. Il s’est amélioré de 0,4% à 1,1201 dollar. Enfin, au rayon des matières premières, les cours ont reculé sur un large front. Le prix du baril de Brent a plié de 5,9% à 67,9 dollars pour revenir à son niveau de la fin mars. L’annonce d’une hausse des stocks de pétrole aux USA est à l’origine de ce coup de déprime. La baisse des prix du Brent pourrait cependant n’être que de courte durée, alors que certains analystes considèrent que l’offre mondiale de pétrole s’est affaiblie.

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