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Le futur profil de la Fed, enjeu crucial pour les marchés

Les départs d'Eric Rosengren (à gauche) et de Robert Kaplan créent une incertitude sur la tonalité future de la politique monétaire américaine.

Le jeu de chaises musicales à la Fed concernera plus de postes que prévu, à cause des démissions de Rosengren et Kaplan. La future ligne monétaire reste floue.

La Réserve fédérale (Fed) ne sera peut-être pas aussi rigoureuse qu'attendu l'année prochaine. Alors que le clan des "faucons", terme désignant les partisans d'une politique monétaire plus ferme, était censé se renforcer à partir de 2022, les démissions surprises d'Eric Rosengren, le président de la Fed de Boston, et Robert Kaplan, le président de la Fed de Dallas, changent la donne.

Les départs de Rosengren et Kaplan ne sont pas anodins. Ils devaient voter au sein du FOMC en 2022 et 2023 respectivement.

Ces deux banquiers centraux américains, connus pour leurs prises de position en faveur d'une ligne plus dure de la Fed, ont annoncé, lundi, qu'ils quittaient leurs fonctions. Cette double annonce surprise intervient sur fond de controverse au sujet d'investissements que les deux membres de la Fed avaient réalisés l'an dernier: ils avaient acquis des actifs financiers en bourse alors qu'ils ne devaient pas ignorer qu'avec le soutien monétaire de la banque centrale à l'économie en réponse à la crise sanitaire, les cours de ces placements seraient avantagés.

Occasion manquée?

Officiellement, Rosengren abandonnera son poste dès jeudi "pour raisons de santé". Son mandat courait jusqu'en juin 2022. Kaplan a quant à lui reconnu que l'attention portée à ses récents investissements risquait de nuire au bon fonctionnement de la Fed. Il tirera sa révérence le 8 octobre. Ces deux départs ne sont pas anodins car Eric Rosengren devait retrouver, dès l'an prochain, un droit de vote au sein du FOMC (Federal open market commitee), le comité de politique monétaire de la Fed, tandis que Robert Kaplan devait figurer parmi les votants en 2023.

En 2022, deux "colombes", c'est-à-dire des membres de la Fed partisans d'une politique monétaire généreuse, céderont leur droit de vote.

Pour les "faucons", cette situation risque de se transformer en une occasion manquée de redresser la barre monétaire vers une politique plus orthodoxe, alors que la ligne actuelle reste largement accommodante malgré la forte reprise économique et la montée de l'inflation. En effet, en 2022, deux "colombes", c'est-à-dire des membres de la Fed partisans de cette politique monétaire généreuse, perdront leur droit de vote: il s'agit de Mary Daly et Charles Evans. L'arrivée de Rosengren aurait pu faire pencher la balance en faveur des "faucons" car les autres nouveaux votants de 2022 sont également de ce bord-là.

Mais la démission du président de la Fed de Boston contraint celle-ci à lui choisir un successeur, dont la sensibilité en matière de politique monétaire pourrait être différente. La même incertitude plane sur le remplacement de Robert Kaplan à la tête de la Fed de Dallas.

Biden prend son temps

Ces inconnues s'ajoutent à une autre, de taille: le président des États-Unis, Joe Biden, n'a toujours pas décidé s'il prolongeait le mandat de Jerome Powell à la présidence de la Fed. Celui-ci est en poste jusqu'en février 2022. En principe, la Maison-Blanche doit arrêter sa décision à son sujet au plus tard en novembre.

Selon certaines sources, Lael Brainard pourrait remplacer Jerome Powell à la tête de la Fed.

En attendant, les spéculations vont bon train. Ces dernières semaines, on a pu lire, dans la presse américaine, que les conseillers du président Biden s'apprêteraient à recommander le renouvellement du mandat de Powell. Mais d'autres sources penchent en faveur de l'arrivée d'une nouvelle tête, qui pourrait être Lael Brainard, actuellement gouverneure à la Fed. Celle-ci est considérée encore davantage comme une "colombe" que Powell.

D'autres postes changeront bientôt de mains. Le mandat de Randal Quarles arrive à son terme à la mi-octobre. C'est un siège important car son titulaire dirige la supervision bancaire. Fin janvier, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, cédera lui aussi le relais. Les investisseurs espèrent avoir rapidement davantage de visibilité sur la future Fed.

Le résumé

  • Les démissions d'Eric Rosengren et de Robert Kaplan, tous deux membres de la Fed, ouvrent une période d'incertitude sur le futur profil de la banque centrale américaine.
  • Pour le clan des "faucons", les banquiers centraux favorables à une politique monétaire plus ferme, cela pourrait être une occasion manquée de changer la ligne de la Fed en 2022.
  • L'incertitude plane toujours sur l'avenir de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale. Joe Biden doit se prononcer à son sujet en novembre au plus tard.
  • D'autres banquiers centraux américains arriveront au terme de leur mandat sous peu, ce qui allonge la liste des inconnues pour les investisseurs.

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