Publicité

Le G7 et la fin du "QE" européen dans le viseur des marchés

Le président Donald Trump à son départ de la Maison Blanche vers le G7, le 8 juin 2018 ©REUTERS

Qui sortira vainqueur, pensez-vous, du G7 qui se déroulera ce week-end à Charlevoix au Canada?

Un coup d’œil sur l’évolution des marchés boursiers au cours de la semaine écoulée peut vous en donner une petite idée. Disons-le tout de go: le gagnant pourrait bien être les Etats-Unis de Donald Trump avec une Bourse de New York qui a retrouvé de la pêche. Auteur de ce slogan de campagne "Make America great again" ("Rendre l’Amérique à nouveau grande"), le Président des Etats-Unis a exprimé dans un tweet balancé à la veille de ce week-end "son impatience à remettre à plat les accords commerciaux injustes avec les pays du G7"

À Wall Street, ce message semble avoir été anticipé. L’indice Dow Jones s’est adjugé plus de 2,5% sur la semaine (à vendredi 19h.). Il est revenu à 25.234 points. Inutile de mettre cette performance sur le compte des actions des secteurs technologiques. D’ailleurs, même si l’indice Composite de la Bourse du Nasdaq, un marché également logé à Wall Street, mais comptant en son sein un nombre élevé d’entreprises technologiques, a réussi à établir deux records d’altitude, il a toutefois limité ses gains à 1% sur la semaine.

Coté sur ce marché mais faisant aussi partie de la composition du Dow Jones, Apple par exemple a contenu sa hausse à 0,2%. Par contre, des valeurs comme celles de McDonald’s (+ 7,1%), du groupe de chimie DowDuPont (+ 4,8%) et de la chaîne de bricolage Home Depot (+ 5,1%) ont cartonné dans le Dow Jones. L’indice S&P 500 a bien évidemment profité de l’excellente tenue de toutes ces valeurs. Il a gagné 1,2% à 2.767,15 points.

En face de Donald Trump, les représentants des autres pays, bien que largement majoritaires, ne feraient pas le poids. À l’exception peut-être de celui du Japon qui pourrait bien se retrouver dans les habits de challenger. C’est ce que paraît nous indiquer la belle performance de la Bourse de Tokyo. L’indice Nikkei 225 a progressé de 2,36% pour atteindre 22.694,50 points.

Les marchés chinois reculent de leur côté pour la troisième semaine de suite. L’indice général de la Bourse de Shanghai se tasse de 0,26% à 3.067,14 points. Même topo sur les Bourses en Europe où le Stoxx 600 cède aussi du terrain pour la troisième période hebdomadaire d’affilée. Il recule de 0,46% à 385,12 points.

Une fin précipitée?

Outre l’approche du G7, les séances en Europe ont été marquées par les propos du chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE) Peter Praet. Celui-ci a estimé mercredi à Berlin que "l’inflation en zone euro remontait suffisamment pour débattre, lors de la réunion de la BCE la semaine prochaine, de l’abandon de son vaste programme de rachats de dettes", surnommé QE pour "quantative easing".

Des propos plutôt surprenants dans la mesure où des indicateurs économiques récemment publiés font ressortir un tassement de la croissance des PIB dans la zone euro. Et s’il est vrai que le taux d’inflation en mai tend à atteindre l’objectif de 2% fixé par la BCE, il reste qu’on le doit pour partie à l’envolée des prix du pétrole depuis janvier. Mais après avoir atteint un point haut de 80,5 dollars le 22 mai, le prix du baril de brent a depuis reviré à la baisse, pour revenir à 76,4 dollars. Les "pressions" inflationnistes risquent de s’atténuer. Un effet que pourrait accentuer la remontée de l’euro, vu qu’elle rend les importations moins chères. De 1,152 le 30 mai, la monnaie européenne est revenue à 1,177 dollars vendredi.

C’est un fait quasi acquis. La BCE s’apprête à annoncer la fin de son QE. Ce qui permet de le penser? Ce sont les pertes subies par la BCE elle-même dans la partie de son portefeuille dévolue aux obligations émises par l’Italie. Celles à 10 ans par exemple de ce pays cotent aujourd’hui à 91,54% de leur valeur faciale. Il y a deux mois, elles se payaient encore 102,2%!

La BCE cherche à limiter les dégâts. Mais en même temps à mettre devant ses responsabilités le nouveau gouvernement italien, dont le programme qu’il compte mettre en œuvre est réputé aggraver le déficit des finances publiques. Pas question, murmurent certains dans les coulisses des marchés, de faire contribuer les autres membres de la zone euro à ce programme gouvernemental dispendieux.

La Bundesbank qui a toujours été hostile à ce QE de la BCE, applaudit bien sûr des deux mains.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés