Le marché se prépare à de nouvelles mesures sanitaires

Grâce au boom des ventes en ligne, l'action Ocado est l'une des grandes gagnantes de la semaine. ©REUTERS

Le bilan boursier hebdomadaire est mitigé. Le risque sanitaire susceptible d'affecter à nouveau l'économie a contrebalancé les annonces des banques centrales.

Les marchés boursiers ont marqué le pas cette semaine. Malgré le soutien des banques centrales, les investisseurs sont inquiets à cause de la hausse du nombre de personnes contaminées par le coronavirus. On redoute de nouvelles restrictions qui pourraient saper une reprise économique qui avait déjà tendance à s'essouffler.

Même si la Réserve fédérale a annoncé qu'elle ne durcirait pas sa politique monétaire avant d'avoir atteint son nouvel objectif d'inflation de 2% en moyenne à long terme et malgré les taux directeurs négatifs envisagés de plus en plus sérieusement par la Banque d'Angleterre, les investisseurs sont restés sur la défensive, ce qui a conduit à des variations hebdomadaires contrastées et d'ampleur généralement réduite. À titre d'exemple, l'indice Stoxx 600 des grandes capitalisations européennes a grappillé 0,22% en cinq jours.

Dans ce contexte d'incertitude, la stratégie de la semaine a consisté à faire le tri entre les gagnants et perdants potentiels de nouvelles mesures sanitaires. C'est ce qui explique la hausse des actions européennes du secteur de la santé (+2,71% depuis lundi) et des valeurs technologiques (+0,88% en une semaine). Les premières sont susceptibles de tirer profit de nouvelles dépenses dans les soins médicaux et les secondes bénéficieraient d'un nouveau recours accru aux outils qui suppléent les limitations de déplacements.

Les détaillants recherchés

À l'opposé, les actions du secteur automobile ont cédé 2,81% en cinq jours: les investisseurs redoutent une rechute de la consommation en cas de nouvelles restrictions dues au Covid-19. Les valeurs bancaires ont quant à elles subi une chute hebdomadaire de 4,02%: le marché craint, d'une part, une hausse des mauvais crédits en cas de rechute de l'économie due à une aggravation de la crise sanitaire et, d'autre part, un impact négatif des politiques monétaires qui risquent de faire à nouveau baisser les taux d'intérêt, si importants pour les marges bénéficiaires des banques. Ajoutons à cela que les perspectives en matière de dividendes des banques ne sont pas claires: des informations de Bloomberg laissent entendre que certains superviseurs souhaiteraient lever les restrictions en la matière, mais d'autres pensent qu'il vaut mieux continuer à contraindre les banques à rester économes pour qu'elles puissent couvrir les futurs défauts de remboursement liés à la crise.

Le secteur européen de la vente de détail (+3,78% en cinq jours) a, lui, profité des bons chiffres de plusieurs entreprises. Mardi, le suédois H&M (+10,38% cette semaine) a annoncé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Les britanniques Next (+5,75%), Asos (+10,37%) et Ocado (+24,32%) bénéficient quant à eux de deux grandes tendances: d'une part, les ventes en ligne ont le vent en poupe, ce qui serait d'autant plus le cas si de nouvelles restrictions étaient adoptées face à la recrudescence de la pandémie; d'autre part, les consommateurs qui ne sont pas partis en vacances à cause des risques sanitaires disposent de plus d'argent pour d'autres dépenses. Dans la foulée, l'allemand Zalando a pris 7,17% cette semaine.

Dans le domaine des plateformes de vente en ligne, on retiendra aussi l'entrée tonitruante de The Hut Group en bourse de Londres. Depuis sa première cotation mercredi, le titre s'est envolé de 18,4% à 592 pence par rapport à son cours d'introduction (500 pence).

Espoirs sur le front du Brexit

Un autre secteur s'est distingué cette semaine sur les marchés européens: celui des sociétés liées aux matières premières (+1,99%). C'est en grande partie dû au bond de 7,21% d'ArcelorMittal . L'action du groupe sidérurgique a bénéficié d'une note de Bank of America, qui conseille désormais d'"acheter" le titre, contre un avis "neutre" auparavant, l'objectif de cours étant passé de 12 à 16 euros. Selon les analystes de la banque d'affaires, ArcelorMittal pourrait profiter du déstockage réalisé par les constructeurs automobiles et de perspectives moins mauvaises que prévu dans la construction. La remontée des prix de l'acier devrait aussi lui sourire.

Par ailleurs, les craintes de nouvelles restrictions ont pesé sur des valeurs du voyage et des loisirs, telles que TUI (-15,04% en une semaine), Carnival (-14,75%) ou encore ICA (-14,14%), la maison mère de British Airways et Iberia.

Sur le front des devises, la livre sterling n'a finalement pas souffert de la perspective de voir un jour des taux directeurs négatifs au Royaume-Uni: la monnaie britannique a progressé de 1,08% en une semaine (variation arrêtée vendredi à 18h) face à l'euro. Les investisseurs espèrent des avancées sur le front du Brexit car la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré au Financial Times qu'elle était convaincue qu'un accord était possible. Par ailleurs, l'euro est resté stable face au dollar. Par contre, le billet vert continue à fléchir par rapport à d'autres devises, comme la livre, le yen ou encore le yuan. La devise chinoise a enregistré sa huitième semaine de hausse face au dollar, du jamais vu depuis février 2018.

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