"Le marché va se concentrer aujourd'hui sur la décision de la BoE"

©AFP

La Banque d’Angleterre pourrait décider ce jeudi d’abaisser ses taux d’intérêt d’un quart de pourcentage alors que l’économie britannique subit un rude contrecoup après le Brexit.

La Banque centrale d’Angleterre (BoE) va devoir faire un choix important ce jeudi. Presque tous les économistes estiment que celle-ci devra abaisser son taux directeur d’un quart de pourcentage à un plus bas historique contre 0,50% actuellement. L’institution se retrouve confrontée à une économie britannique chancelante depuis le Brexit (sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne).

"Le marché va se concentrer aujourd'hui sur la décision de la BoE sur ses taux. Tout le monde ou presque s'attend à ce qu'elle les abaisse au vu de la récente faiblesse des données économiques britanniques, aussi cette annonce devrait-elle être déjà intégrée par le marché" (Markus Huber, opérateur chez City of London Markets)

L’indice national PMI pour le secteur des services s’est affiché à 47,4 points en juillet après avoir chuté à 52,3 points en juin. Il a touché son plus bas niveau depuis mars 2009. L’indice PMI pour tous les secteurs est ressorti plus faible qu’attendu à 47,3 points en juillet, son plus bas niveau depuis avril 2009. En juin, il avait déjà chuté à 51,9 points, la plus forte diminution observée depuis la création des indices PMI en 1998. "La chute sans précédent de l’indice pour tous les secteurs a augmenté les chances que la Grande-Bretagne tombe en légère récession, estime Chris Williamson, économiste en chef de Markit, la société qui produit les indices PMI. Les sociétés ont toutes indiqué que les conséquences du référendum sur l’Union européenne ont pesé sur leurs activités."

375 milliards £
Durant la crise financière, la BoE avait racheté pour 375 milliards de livres sur les marchés. Elle s’est arrêtée en 2012, après trois ans de cette politique.

L’Institut National Britannique d’économie et de recherches sociales a parallèlement déclaré que l’économie britannique pourrait se contracter de 0,2% entre juin et septembre. Il a calculé que la probabilité que l’économie du pays tombe en récession d’ici la fin de l’année s’élève à 50%.

Une première depuis 2009

La décision de la Banque d’Angleterre d’abaisser ses taux d’intérêt à un plancher serait une première depuis mars 2009. Toutefois, à cette époque, la banque centrale avait déployé son arsenal en rachetant des obligations sur le marché. Les économistes interrogés par Reuters sont partagés quant à une reprise de ces rachats par la Banque d’Angleterre. "C’est une politique tentante à recommencer, mais si vous observez les canaux à travers lesquelles ces rachats se sont opérés, vous devez constater qu’il ne reste plus beaucoup d’options à explorer", estime Philip Shaw, économiste chez Investec.

Sur les marchés, la livre sterling s’est montrée particulièrement volatile face au dollar à l’approche de la décision de la Banque d’Angleterre ce jeudi. Par contre, face à l’euro, la devise ne fluctue pas beaucoup. Mais les investisseurs ont pris des paris baissiers importants sur la devise britannique, pour un montant aussi élevé qu’en 1992, même si certains ont ajusté leurs positions afin de se prémunir d’une surprise ce jeudi si la Banque d’Angleterre ne touche pas à ses taux d’intérêt. "La forte concentration de positions à la baisse sur la livre sterling a créé une demande à court terme pour la devise", relève Ned Rumpeltin, responsable de la stratégie en devises chez Dominion Bank.

Ce serait la première fois que la BoE abaisse ses taux depuis 2009.

Les paris à la baisse sur la livre sterling indiquent une probabilité de 97% que la banque centrale britannique abaisse ses taux d’intérêt ce jeudi. "La probabilité d’une baisse de taux cette semaine est évaluée à 96,6% et le marché anticipe une autre chance de 30% qu’une seconde réduction de taux intervienne avant la fin de l’année", a expliqué Ipek Ozkardeskaya, analyste chez London Capital Group.

Une baisse des taux de la BoE rendrait la livre sterling moins rémunératrice et donc moins attractive pour les investisseurs tandis qu’une nouvelle salve de rachats d’actifs, s’ils ont pour but de stimuler l’activité en injectant des liquidités dans le système financier, aurait pour effet de diluer la valeur de la devise.

Les obligations d’Etat britannique ont vu leur cours chuter ces deux derniers jours, mais légèrement. Les rendements obligataires ont grimpé à 0,80%.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés