Le moral d'acier des ménages ne suffira pas à laisser la Fed inerte

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La banque centrale américaine (Fed) se réunit ces mardi et mercredi. Elle communiquera ses décisions ce mercredi à 20h. Les chances d’assister à nouvelle baisse de son taux directeur sont grandes. Depuis que la Fed a cessé de réduire son bilan, le rendement de ses bons du Trésor est reparti à la hausse.

Les membres de la banque centrale américaine (Fed) se réunissent ces mardi et mercredi afin d’évaluer sa politique monétaire. Il fait peu de doutes que la Fed s’apprête à réduire son principal taux directeur pour la deuxième fois depuis 2008. La première fois, c’était à la fin du mois de juillet, lorsqu’elle avait abaissé la fourchette de son taux d’intérêt de 2,25-2,5%, à 2-2,25%. La Fed avait justifié sa décision par "les implications des développements mondiaux pour les perspectives économiques" et "les pressions inflationnistes contenues".

Parce que globalement cet environnement n’a pas vraiment changé, "il est quasiment certain que les membres de la Fed vont une nouvelle fois réduire la fourchette des taux pour la situer entre 1,75% et 2%", avance Paul Ashworth, économiste en chef pour les Etats-Unis de Capital Economics, cité par l’AFP.

Depuis l’arrêt de la réduction du bilan de la Fed, le rendement du bon du Trésor US à 10 ans est remonté de 1,50% à 1,85%.

Certes, un vent d’optimisme modéré a soufflé ces derniers jours sur les discussions commerciales, alors que la Chine et les Etats-Unis ont décidé de jouer l’apaisement. Mais cela ne devrait pas suffire à convaincre la majorité des membres de la Fed de laisser en l’état son taux directeur.

La question centrale

La question centrale qui se pose à la Fed est celle de savoir si l’expansion économique nécessitera un soutien supplémentaire. Plusieurs pans de l’économie américaine donnent des signes d’essoufflement. Outre l’immobilier et l’investissement des entreprises, affecté par les incertitudes commerciales, le secteur manufacturier – 10% du PIB américain – est à la peine. On a encore pu s’en rendre compte ce lundi avec la publication de l’indice Empire State. L’activité manufacturière dans la région de New York s’affiche largement en dessous des attentes pour le mois de septembre. Pire, le sous-indice des nouvelles commandes est en nette baisse lui aussi (3,5 contre 6,7).

Parmi les rares éléments rassurants, le consommateur, comptant pour près de 60% du PIB, tient, lui, la forme. Cela s’est encore vérifié lors de la publication des statistiques des ventes au détail en août, qui ont progressé (+ 0,4%) plus qu’attendu. La bonne santé du marché de l’emploi et la hausse du salaire horaire sont ce qui soutient le moral des ménages américains. Mais pas au point de dissuader la Réserve fédérale de poursuivre la baisse des taux, estiment une majorité d’économistes.

En ce qui concerne le niveau de l’inflation sous-jacente, elle a accéléré en août pour atteindre son plus haut niveau en rythme annuel depuis un an, 2,4%. Rappelons que la Fed vise des hausses de prix annuelles de 2% mais qu’elle n’a pas encore réussi à atteindre cet objectif de manière durable depuis son adoption formelle en 2012. Cela lui offre une marge de manœuvre pour détendre à l’heure actuelle sa politique monétaire.

Tweet rageur en vue

Les chances d’assister à une nouvelle baisse du taux directeur sont donc grandes, même si elle risque de ne pas être consensuelle au sein du Comité monétaire. On peut en outre s’attendre à un nouveau tweet rageur de Donald Trump, qui réclame à cor et à cri un taux directeur négatif.

Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine, confirmera sans doute l’arrêt anticipé en août de la réduction du bilan de la Fed. Cette mesure avait été adoptée lors de la réunion du mois de juillet. Elle est ce qui peut expliquer, en partie du moins, la remontée des taux obligataires aux Etats-Unis en septembre. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans par exemple est remonté de 1,50% à 1,85% depuis le début de ce mois.

Jerome Powell fera encore part de nouvelles projections économiques et de taux d’intérêt après la réunion.

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