Le moral des investisseurs bat de l'aile

Aux États-Unis, les gestionnaires de fonds se tournent vers le cash face aux incertitudes des marchés. ©AFP

Pandémie, tensions géopolitiques, récession, élections américaines... Les risques s'accumulent sur les marchés au point d'affecter le moral des investisseurs.

Difficile de garder le sourire sur les marchés financiers ces temps-ci. Même si certaines actions – à l'instar de Tesla et d'autres valeurs technologiques – ne semblent pas souffrir de la crise sanitaire et économique, d'autres ont bien du mal à effacer totalement leurs pertes engendrées par la chute des bourses en février et mars. Il faut dire que la flambée des contaminations au Covid-19 fait vaciller les certitudes de nombreux intervenants de marché.

14%
Adieu reprise en V?
Seuls 14% des gestionnaires de fonds interrogés par Bank of America tablent encore sur une reprise en forme de V de l'économie mondiale. 44% prévoient une reprise en U.

À tel point que l'indice ZEW – qui mesure le moral des investisseurs allemands – a fait marche arrière en juillet. Il est tombé à 59,3 points, contre 63,4 le mois dernier, alors que les analystes tablaient en moyenne sur 60 points. "Les doutes sur un scénario de reprise en forme de V se sont accrus, et le scénario en forme de U, soit une reprise lente, a gagné des partisans", estime Jens-Oliver Niklasch, expert pour la banque LBBW.

Constat plus ou moins similaire outre-Atlantique. Selon le dernier sondage de Bank of America, les gestionnaires de fonds américains ont augmenté la part de cash dans leur portefeuille à 4,9%, contre 4,7% en juin. Ils sont seulement 14% à encore tabler sur une reprise en V, contre 44% prévoyant un rebond économique en U et 30% en W.

L'investisseur belge parfaitement confus

Et en Belgique? Le baromètre ING continue sa lente ascension et a atteint 88 points en juin, contre 79 le mois précédent. "En temps normal, cela correspondrait à une très belle progression. Mais la période actuelle n'a rien de normal. Il faut se rappeler qu'en mars dernier, le baromètre a connu son pire niveau depuis sa création en 2004", souligne la banque dans son communiqué. Et d'ajouter: "Au niveau actuel, il reste loin de son niveau neutre (100)."

"La reprise de l’économie donne du grain à moudre aux optimistes, mais la faiblesse de l’activité conforte les pessimistes."
Philippe Ledent
Senior economist chez ING Belgique

Pour l'économiste Philippe Ledent, c'est le signe que "l'incertitude domine toujours les esprits". Cela se voit d'ailleurs dans les attentes en matière de performance boursière: 37% des personnes interrogées tablent sur une hausse des marchés dans les trois prochains mois, tandis que 37% parient plutôt sur une baisse. L'équilibre est parfait, la confusion aussi!

"D’un côté, la phase de reprise de l’économie donne du grain à moudre aux optimistes. Mais d’un autre côté, la faiblesse du niveau de l’activité conforte les pessimistes", explique Philippe Ledent. Cette confusion se traduit par un appétit moindre pour le risque: 39% des investisseurs belges pensent que la période n'est pas propice à l'investissement dans les secteurs risqués.

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